vendredi 3 septembre 2010

Contraste et fritures

Août, Luxembourg.

L'Inde est déjà bien loin. Elle est repartie à l'Autre bout du monde...
Dans son lointain 'ailleurs'.

De retour en Occident, je suis. En plein cœur de l'Union Européenne. De retour là où le climat est tempéré (je dirais même frais!), et où les piétons attendent le vert pour traverser. Là où les machines sont partout et nous tiennent à leur botte, et nous plantent toujours au moment qu'il ne faut pas en nous laissant plein de désarroi; là où il nous faut être à l'heure, prendre rendez-vous, marcher vite, signer des papiers, nous inscrire,adhérer, s'enregistrer, téléphoner, avoir un emploi du temps..
Shorts, jupes courtes et t-shirts 'sans manche' ont joyeusement retrouvé ma peau, laissant des parties de mes jambes ou de mes épaules si indécemment découvertes que personne ne le remarque.

En revanche, aucun petit stand de bois ne m'attend à chaque coin de rue pour réparer mes chaussures, vendre du thé ou regonfler mon vélo.. C'est embêtant quand on n'a pas de pompe!

La politique française et ses petites copines, elles, toujours aussi vomissatoires (si vous connaissez un équivalent de 'gerbantes'..), avec une tendance à l'empirement perpétuel, [j'ai vérifié, "empirement" existe, il a été employé au 12è siècle!], je tente de les laisser aux oubliettes sans vraiment y parvenir. No comment.


Moi, de toutes façons, à présent je suis passée aux choses sérieuses, revenue à ce qui est essentiel, la raison de vivre de tout un chacun, le fondement de la société : l'argent.
Rien de tel!
Alors je travaille. Souriante employée d'un restaurant de la Schueberfouer de Luxembourg, je sers des merlans frits. Je sers le merlan (dans son assiette d'un kilo quatre cent), je sens le merlan, je pense au merlan, je rêve du merlan.. Et comme il est accompagné de frites, mon quotidien est une longue succession de fritures.
Je n'aurais jamais cru que ce fût si dur! ça avait l'air innocent, comme ça, 'serveuse dans un restaurant de foire'.. Eh bien pardi! Pression, stress, rapidité, efficacité, patience, mal aux pieds, doigts brûlés, assiettes tombées, travail de la mémoire (sans frites, avec salade de chou, mais pas de mayonnaise) (pour moi la même chose mais avec frites, sans vinaigrette et de la moutarde).. ça n'arrête pas! Et à la fin de la journée, on compte les billets (des liasses comme je n'en ai jamais vues), puis on doit encore tout ranger et nettoyer, sans oublier de faire ça vite pour pouvoir aller s'écrouler sur le canapé de la maison!
Intense, mais pas déplaisant.


Et voilà, l'Inde s'est faite avoir, elle a perdu le monopole inconditionnel du blog: voilà que, après tergiversations, j'y glisse du non-indien, et même du quotidien. Ah, beurk!
Mais c'était plus fort que moi! Je ne voulais pas!
Advienne que pourra pour la suite..
*

jeudi 29 juillet 2010

à la montagne


L'éboulement de 4 éléphants et les badauds.
La pierre que l'on voit à gauche est celle qui a immobilisé notre bus pendant plusieurs heures sur la route de Badrinath. Elle fut vaincue après moults passages de pelleteuse et explosion de dynamite qui nous a fait craindre qu'un nouvel éboulement se produise ailleurs.



Le temple de Badrinath
Archisaint pour ceux qui vénèrent Vishnu





Un barbier (de Badrinath, loin de l'Espagne)


L'étalage d'un vendeur de matériel à religion : colliers sacrés, supports d'encens, récipients sacrés, statuettes à adorer. Mais il n'est pas non plus dépourvu en matériel à tourisme: bracelets qui brillent et porte-clefs rigolos, jumelles en plastique et décorations..





Le porteur et sa cliente.

mercredi 14 juillet 2010

juin-juillet

La fin est proche, mes amis, la fin est proche!

Me voila enrhumee. Les vaches peuplent toujours les rues en compagnie des chiens et des dechets, et moi je m'en vais dans moins d'une semaine.


De notoire, au cours de notre dernier petit periple (ahh, les vacances! Quelle belle invention!):
-un cadavre de vache gonfle d'eau dans le Gange a Benares, avec une foule de mouches sur les parties non-immergees, et des gens qui se baignent quelques metres plus loin.
-Un compartiment de train envahi par des pieux hindous de l'Inde du Sud, avec en bonus problemes de clim donc degoulinage collectif. Pas facile-facile!
-Badrinath, un village de montagne ou l'on s'est trouvees un hotel qui proposait des tentes bucoliques dans un decor de sommets immenses et pointus (aussi pointus que sur les dessins des enfants) mais caches la plupart du temps par les nuages et la brume. Un regal et de la FRAICHEUR!
La montagne, indiscutablement, ca me gagne.
-d'imposants Coreens par milliers, on aurait dit qu'ils voulaient envahir la ville! (Benares en l'occurence)
-Des vieilles indiennes (grosses de preference) se faisant porter sur des fauteuils en osier sur le dos de pauvres porteurs qui tiennent tout ca avec leur tete sur des rues dont les pentes n'ont rien a envier a San Francisco.
-Jesus! Jesus et son disciple ont pris le meme bus de retour que nous. Cheveux longs, barbe aussi, torse nu pare de longs colliers, un drap blanc en guise de 'pantalon'.. Epatant! Par contre, on a ete un peu prises de cours en apprenant que Jesus
1* s'attache parfois les cheveux
2* fait pipi accroupi
3* boit du Coca cola!

Mais par contre, nous voila confortees dans l'idee qu'il est la sur terre pour partager nos souffrances: la crevaison de pneu du bus, il n'y a pas echappe lui non plus!

-a l'aller, encore plus drole: eboulement de terrain sur la route qui nous immobilise quelques heures. Parmi les pierres tombees, l'une fait la taille de 4 elephants (au moins, selon moi)!
Route degagee a coups de pelleuteuses et de dynamite. Rassurant.

Temps internet fini, sejour finissant, il est temps de prononcer ses adieux:
Adieux!
A bientot a tous (mais surtout l'autre).
*
Anaelle.

samedi 26 juin 2010

Quelques precisions

Voici quelques precisions concernant le pestacle:


Bonjour à tous,

Après "Expérience numéro 7" en 2008 et "Peter Pan" en 2009, voici pour 2010 "Escale à Tort et à Travers" !

AMATEURS DE CIRQUE, DE POESIE ET DE BONNE HUMEUR, venez poser vos valises le lundi 28 juin à 20h au complexe culturel de Simiane! "ESCALE A TORT ET A TRAVERS" ! On essaiera de pas se rater sur nos trapèze, fil, mât, boule, monocycle, rouleaux, tissu, tonneau, partenaires, avec nos balles, assiettes, diabolo, ballons et valoches tous genres ! Et si vous n'êtes pas contents, on ne vous remboursera pas, puisque l'entrée est libre. 

Sur l'affiche, 3 spectacles sont annoncés, nous c'est le premier mais si vous voulez aller encourager les ptis jeunes le mardi et le mercredi soir, libre à vous !

N'hésitez pas à inviter tous vos contacts, amis et belles-soeurs, ils seront également les bienvenus !

En espérant vous y voir nombreux,


Comment venir ?

La salle de spectacles est située au Complexe sportif et culturel, Route de Gardanne à Simiane.

Attention!
Les panneaux routiers indiquent seulement « Complexe sportif ».
Ne pas suivre les panneaux « Centre culturel », qui vous mèneraient jusque dans les locaux administratifs de l’OMC.


 En venant de Marseille...

                      - autoroute nord, direction Aix-en-Provence
                      - sortie GARDANNE - BOUC BEL AIR - SIMIANE
                      - voie rapide direction GARDANNE - SIMIANE
                      - SORTIE SIMIANE
                      - vers centre ville
                      - s'engager dans l'avenue principale (bordée de platanes),Cours des héros.
                      - à l'intersection à gauche (rue Guigon)
                      - puis, à gauche, direction Gardanne
                      - vous êtes sur la route de Gardanne
                      - le complexe culturel est sur la droite.



  En venant d'Aix en Provence...

                      - Autoroute, direction Marseille
                      - Sortir à LUYNES - GARDANNE
                      - Prendre la direction GARDANNE, par Valabre
                      - A l'entrée de Gardanne, au 1er rond point prendre à droite
                        (voie rapide direction MARSEILLE)
                      - sortie GARDANNE OUEST - PUITS MORANDAT
                      - rond point : à gauche, passer sur la passerelle
                      - tourner à droite, direction SIMIANE
                      - le complexe se trouve à 1.5 km sur la gauche,
                        avant d’arriver dans le village.


Quelques precisions me concernant:
 RE a Lucknow apres un passage a Delhi. Des semi-vacances qui commencent bien.

samedi 19 juin 2010

Pubs

Je vais faire dans l'annonce publicitaire aujourd'hui:

* Pestacle!
Reservez votre 28 juin a 20heures!
Moi, cette annee, je n'y serai pas, et JUSTEMENT, ca vous donne une tres bonne raison d'aller voir le spectacle de cirque de cette annee! Ne serait-ce que pour me raconter..
La troupe de cirque de Bouc Bel Air presente (gratuitement) son pestacle de fin d'annee ce lundi 28 au complexe sportif/culturel de Simiane. Pas le droit a un chapiteau cette annee, c'est moins folklorique mais je pense pouvoir vous garantir que ca vaut le detour! Et en plus, je crois ne pas trop m'avancer en affirmant qu'il y a un buffet-apero a la fin..
Profitez-en!
Profiterolles!
Prophylactique!
Et tout ca.



*Par ailleurs, pr ceux qui acceptent d'en revenir aux preoccupations bassement materialistes, sachez (ou re-sachez pour ceux que j'ai deja prevenus) que je recherche un appartement de 4 chambres dans le centre-ville d'Aix, autour de 1200E par mois. Si vous en avez sous la main, ou sous le pied, tenez-moi au courant!
Merci biente.


Je quitte Chachikpur demain matin.
Allez, Allons!
Chale chalo

mercredi 16 juin 2010

Concentration intense..

Une petite de plus pour la route.

dimanche 13 juin 2010

Rattrapage en images

Les patates contemporaines



L'agriculture moderne



..Plus a venir lors d'une prochaine longue connexion valable.

En vrac

12 juin 2010

En vrac, des bidules notes, remarques, a noter, ou pas. A prendre ou a laisser.


• Les boîtes tupperware-thermos cylindriques à plusieurs compartiments empilables des petits enfants ou des petits maris pour emporter au bureau ou à l’école le repas que leur a gentillement préparé bobonne.



• L’industrie du mariage arrangé qui n’arrange que les Grands-pères et les Belles-mères (et encore). J’ai eu droit de regard sur les photos de deux jeunes filles posant strictement en sari dans un décor à kitchité variable. Ces photos faisaient partie des éléments-clés pour déterminer si oui ou non, elles seraient convenables pour les marier aux deux derniers cousins célibataires de la famille.

Bon, la liste d’éléments-clé comprend aussi : le statut social, le compte en banque du papa, la caste (non, on n’est pas fermés d’esprit mais il faut bien que l’on conserve notre rang !), le niveau d’éducation (un peu mais pas trop, il faudrait pas qu’elle pose des questions non plus), le caractère (souvent, les petites annonces qui submergent le journal du dimanche précisent ‘homely’, soit ‘casanière’, entendre ‘qui ne sortira pas de la cuisine’), la moralité (TRÈS important, il faut qu’elle soit pure vierge et pieuse, et si elle nous pondait un petit-fils avec la méthode de Sainte-Marie ce serait l’idéal), la profession et la moralité de tous les autres membres de sa famille (si sa soeur est trop indépendante, ca fait tache), et j’en passe.

Quoi, ‘et l’avis des futurs mariés ?’ ?? Comme si ca les regardait ! Ca va pas la tête !



• Les questions incessantes : C’est quoi ? T’as faim ? C’est qui ? Tu fais quoi ? Tu dors ? T’as mangé ? C’était qui au téléphone ? Tu lui as dit quoi ? Pourquoi ? Qu’est-ce qu’il y a ? Ca va pas ?



• Les subtilités de l’hindi, quelques petits verbes sympas pour le débutant :

Chalna, Chalana, Chilna, Chillana

Chalo : Allez, bouge/on y va !

Chilo : épluche !

Chillao mat : Ne crie pas !

Chalao : Conduis !



Dekhna, dikhna, dikhana,

Dekhta hai : il regarde

Dikhta hai : ca semble, il semble

Dikhata hai : il montre

..



• Aggriper le menton pour tourner la tête de celui dont on veut attirer l’attention. Tirer le bras, donner des tapes dans le dos (surtout de enfants, ca leur apprendra à pleurer comme ca), secouer les enfants comme un hochet pour les endormir en leur couvrant les yeux d’une main tapotante et en émettant des sons discontinus (et ca marche !!), ordonner à quelqu’un d’autre de m’apporter quelque chose qui se trouve à mi-distance entre lui et moi, réveiller les dormeurs d’un appel sec « Leve-toi ! » sans mesures préalables.Recommencer 6 fois le même boulot qui s’est ré-effacé à chaque nouvelle coupure d’électricité.

-Sigh-





MAIS

Dormir dehors avec un ventilateur allumé. (Ca fait moins peur qu’un lave-linge dans un champs)

Passer 15 minutes assis en tailleur à chanter en choeur la prière du matin.

Écouter les paons femelles hêler leurs plumés mâles du haut de leurs arbres. (eh oui, ca vole les paons ! Grande découverte)

Tenter de se raffraîchir avec un soda-maison : sucre-citron-eau, une simplicité délicieuse.

Encourager les chauves-souris du début de soirée pour qu’elles avalent le plus de moustiques possibles.

Voir toutes les étoiles depuis son lit, et même plus.

Se doucher dans le noir.

Porter un sari.

Penser aux vacances qui s’approchent.



Aahh..

vendredi 4 juin 2010

Petite blague


On voit souvent sur les murs des pubs geantes a la peinture pour des sous-vetements des plus sexy -slip kangourous et maillot de corps..- ; mais celle-la a fait vraiment fort!
Regardez son petit nom!

Nature peinture

Voilà donc juin, qui pointe son nez. Un long nez, il a 3 jours.


Ca sent la fin des haricots, de loin en loin on voit s’approcher la fin du séjour – mais surtout, et d’abord, les vacances !

L’heure des bilans, des récapitulations ? Non, pas encore.

L’heure de continuer tranquillement avec la routine locale, de chercher à trouver ce qui n’a pas encore été vu ou fait, de se laisser flotter dans la moiteur, de savourer ces vols d’aras qu’on ne verra bientôt plus, et de se laisser surprendre, encore, à l’occasion.



Surprise..

Par exemple, par cette bourrasque impressionnante d’il y a quelques jours.

Un vent chaud souffle parfois la journée, transformé en quelque chose d’agréablement ‘frais’ la nuit ; mais parfois aussi la totalité du ciel et de la terre se retranche dans son immobilité brûlante, en retenant son souffle : ça donne des journées comme celle d’aujourd’hui, pas d’air et beaucoup de dégoulinage.

L’autre jour nonobstant appartenait à la catégorie des Ventus. D’ailleurs, en passant, la difficulté du pédalage à vélo est particulièrement haut placée quand le vent s’en mêle et s’amuse à nous faire front alors qu’il serait si simple de nous encourager en nous poussant par derrière..

Au moment où je me décidais à abandonner le bureau jusqu’au lendemain matin, clés en main, tongs aux pieds, je me dirige vers mon cycle.. Puis me ravise.

Tonnerre de Brest ! Quelles rafales ! L’apocalypse avait soudain éclaté là-dehors. Le pauvre bicycle s’est fait plaquer au sol en moins de deux, tandis que les grandes feuilles sèches venaient frapper violemment tout ce qu’elles trouvaient sur leur route. Comme une espèce de mini tornade, les arbres donnant l’impression qu’ils voulaient partir avec le vent, et surtout des vagues de poussière qui rajoutaient une touche chaotique à la scène. Les habits arrachés, ou flottant à l’horizontale à partir de leur point d’attache, on ne voyait plus que la force dingue et l’énergie de la nature. (Ah, mère Nature !). On aurait voulu se plonger dans cette folie, être une particule d’énergie dissolue, l’un de ces grains de poussière qui forme un voile mouvant autour de tout ce qu’on regarde.

C’est violent, c’est fort. Et c’est fini en 10 minutes.

Alors, après cette petite transe aérienne, je relève mon vélo et l’enfourche pour rentrer à la maison.

En sifflotant.




    Outrepassant Chronos le mangeur d’enfants et remontant encore dans le temps, je puis vous faire part d’une joie précédente, quelques jours plus tôt.

Cette fois-là, tiens, diantre, on est délogé à l’aube de notre terrasse endormie par l’orage qui commence. Quelques gouttes, on plie bagages immédiatement et se réfugie à l’intérieur avant les trombes (de phallope).

Ce n’est pas encore la mousson, et en ce moment tout est sec, mais apparemment parfois quelques gros nuages foncés brisent la saison sèche par un orage subit. Ce matin-là, en tout cas, ils étaient présents, les nuages, et actifs. Une bonne averse. Mais, digne de son nom, l’averse n’a pas perduré, et au moment de partir au bureau, la voie était libre –ça avait même déjà commencé à sécher.

C’est ce jour-là que j’ai découvert le vrai village de Chachikpur. Incroyable ! Le sol était donc rouge, avec ces briques alignées ? Et ces plantes, d’un vert pâle qui contraste avec le jaune clair du tas de paille d’à côté.. ! Dans le champs, à gauche, autant de verts différents ? Et ces troncs d’arbres, si marron ? Tout semblait propre, renouvelé. La pluie avait lavé le paysage de sa couche de poussière perpétuelle et invisible : c’était comme si les couleurs s’étaient soudain mises d’accord pour s’étaler partout et dévoiler toutes leurs nuances, après des mois d’abstention.. C’était doux.

jeudi 27 mai 2010

une pause chai?

26 mai 2010




Je me sens oisive, un peu comme un oiseau. Dans ce rythme nonchalant, jamais pressé, embourbée par la chaleur, aujourd’hui je voudrais simplement lire un bouquin, installée dans un hammac en sirotant une boisson fraîche.

Mais je suis au bureau, et j’ai pas de hammac sous la main, ni de boisson fraîche. Il y a une salamandre sur la moustiquaire de la fenêtre, elle est toute petite.



Même écrire –qui demande un peu à réfléchir- me donne la flemme. Tiens, pour la peine, je bâille.



Sans chercher à entrer dans le débat sur l’unité (ou non) du corps et de l’esprit, je trouve que tout de même, tout de même, on produit difficilement quoi que ce soit avec un corps patraque.



Quand on a froid, on parvient à peine à tenir son livre avec nos doigts gelés et on passe notre temps à rabattre la couverture sur le bas du dos qui sent un courant d’air même qd il n’y en a pas.

Quand on est malade, qu’on a mal, on pense à la douleur et à rien d’autre (si, on peut par intermittence laisser vagabonder sa pensée dans le domaine du mauvais, triste, obscur, ou désespéré). Au choix.

Si on a chaud on étouffe, on veut s’aérer, se raffraîchir, on est gêné pour travailler ou réfléchir.

S’il y a des gens à côté, ils nous dérangent, mais s’il n’y a personne, on se sent seul et on se laisse plus facilement aller à la flemme.

Lorsque l’estomac est vide, on ne pense plus qu’à le remplir, mais si on a trop mangé, on est alors troublé par le processus de digestion..

Assis sur une chaise trop dure, on finit par se tortiller et à rêver à des coussins.



En fait, le moindre inconfort bloque potentiellement l’usage de l’esprit et du raisonnement. Celui qui pense requiert un contexte pensatoire optimum..



Pour pouvoir réfléchir, que veut-on ? Un endroit pourvu de lumière, sans trop d’agitation, une position confortable, un corps en bonne santé, un soif et une faim raisonnablement épanchées, une température ni trop chaude ni trop froide... et à ce moment-là .. gare au sommeil !

C’est sans fin..

Le plus simple encore est de ne pas travailler.

Non ?



Camarades, je vous le dis : Philosopher, c’est un luxe bourgeois !



Mais bon, on trouve ca chouette quand même..

Parfois... !

mardi 25 mai 2010

20 mai en retard

(jour de publication, 5 jours plus tard, je dis que dormir dehors ca marche bien pour ne pas trop pavoir chaud, et que parfois les journees sont plus temperees que celles decrites ci-dessous. Le reste, ca viendra. Un jour..)

20 mai 2010




Dans deux mois j’aurai atterri sur le sol Provençal. C’est peu. C’est beaucoup. C’est dans longtemps. Ca va passer vite.



Chachikpur, m’y voilà ! M’y revoilà. Les champs et les chèvres n’ont pas beaucoup bougé depuis mon départ, par contre les cheveux des enfants ont bien poussé. Le paysage est plus sec.

...Et la température biennn plus élevée. Comment dire.. J’ai CHAUD !

Lucknow, c’était de la rigolade, de la gnognotte, du carton-pâte. C’était une chaleur sèche. À Lucknow, en noutre, profusion de ventilateurs, de ‘coolers’ (des ventilos avec un système rafraîchissant à base d’eau), voire même de lieux climatisés. On se déplace, on s’abrite, on se ventile, on se ballade avec un parapluie : tout va bien !



Mais ici, ah fichtre ici.. Ca y est, je visualise maintenant le concept du ‘climat sub-tropical humide’.. C’est pas comme la jungle péruvienne, c’est pire.



Du matin au soir ainsi que du soir au matin (la nuit n’est pas épargnée, toute étoilée qu’elle soit), on transpire.

J’ai une nouvelle amie : Pasina. Pasina.. c’est le petit nom de la sueur en hindi. J’apprends à cohabiter avec elle, puisque dans tous les cas que je m’habitue ou non, elle sera toujours là, collante et dégoulinante, permanente, persistante.

J’en suis à trois douches par jour. Si je pouvais, j’en rajouterais deux ou trois. Et si je pouvais encore plus, je passerais mon temps dans une piscine.

Mais non.



En fait, le principal Hic, c’est que l’électricité se fait désirer : la plupart des heures de la journée, (qui en compte tout de même 24, c’est pas rien ! Vous, vous en avez 3,5 de moins selon le décalage horaire.. ), elle se fait attendre et empêche par son absence les pauvres pêcheurs (sans lac) de profiter des bienfaits de l’air artificiellement remué ou rafraîchi.

Les pores fonctionnent à plein tube, d’ailleurs j’en découvre chaque minute des nouvelles et insoupçonnées. C’est intéressant…



J’essaye de trouver des techniques inédites de refroidissement, me mouille les cheveux avant de dormir (les grands-mères ne se lavent toujours pas le soir, toutes convaincues qu’elles sont que se laver le soir ‘nuksan karega’, c’est pas bon pour la santé.), mouille le sol de ma chambre, étends un linge mouillé sur mon lit qui est sinon aussi brûlant que tout le reste (murs, habits, sol, gens, tables, eau, papiers, ciseaux, pianos, armoires, miroirs, tiroirs, fermoirs..), bon au final je me retrouve avec de la flotte partout et je suis soulagée pour quelques minutes.



Dès que c’est sec, si je n’ai pas su m’endormir à la vitesse du son (un poil moins vite que la vitesse de la lumière), il faut tout recommencer.



M’enfin, après tout, pourquoi je me plains, je veux dire ya pas de quoi faire sa chochotte quand il fait à peine 47 degrés !



Voilà.

Ça c’était l’un des principaux aspects de mon retour à la campagne.

À part ça, sinon, je suis contente de retrouver cette ambiance et ce rythme particuliers, cette nature toujours pas moche et ce vélo rebondissant qui fait clignoter mes bracelets sur la route irrégulière.



Les chemins qui étaient naguère bordés de tas de pierre ont fini par devenir routes: ces mesdames les pierres furent étalées puis aplaties, ensuite vinrent les camarades graviers, puis du sable pour combler les trous, et enfin maintenant on a droit à une vraie route goudronnée et lisse jusqu’à Goshainganj, à 7km. Un grand luxe !



Il y a des patates stockées dans ma 1ère chambre. C’est louche. Elles sont étalées partout dans la pièce. On dirait de l’art contemporain. Ca refoule un peu.



Et puis, surtout, le grand plus de mon retour, c’est que cette fois, quand on va dans les villages, je COMPRENDS ce qu’il se dit ! Une avancée révolutionnaire pour mon esprit jadis un peu enfermé avec lui-même, faute de pouvoir attraper quelque signification du monde extérieur ou de partager une pensée intérieure..

Glop glop !



Certains sont encore capables de porter des chemises à manches longues. Je ne comprends pas. Fépapofible. D’accord, quand on se déplace rapidement à moto, ca a l’intérêt d’atténuer un peu l’air brûlant qui nous fait face, mais ici la plupart du temps on est au centre, et même si trajet en moto il y avait, ce serait à une vitesse si fulgurante que des manches courtes feraient aussi bien l’affaire.

Ils sont fous ces romains ; hiver comme été ils sont vêtus de même : sari-tongs ou chemise-pantalon, et c’est censé protéger d’un hiver sans isolation et d’un été sans fraîcheur.. Bah dis-donc.



Moi, évitant au maximum le soleil, je n’ai guère d’occasion de peaufiner mon bronzage sophistiqué qui comprend les bras jusqu’aux épaules (au-delà c’est toujours aussi blanchâtre) et les pieds avec marque des tongs. Glamour, toujours.



Souvent, pour accompagner le repas, en guise de salade, on sert des rondelles d’oignon cru.

jeudi 13 mai 2010

Grand jeu-concours!

Grand jeu-concours!


À la manière des magazines estivaux qui fleurissent aux abords des caisses de supermarché dès que s’approche l’été, je vais lancer un grand jeu-concours pour faire monter les ventes.

Si ca vous tente, et que vous n’avez pas d’autre objectif que de trouver une formule marrante ou chouette –ou même intelligente, si vous êtes d’humeur- vous pouvez, avec la certitude qu’il n’y aura pas plus de récompense que le plaisir de vous lire, trouver une fin à la phrase suivante:



“Si, comme tout autre vivant, nous eussions attendu que des ailes nous poussassent, incertainement...”



Et maintenant, c’est à vous! Faites vos jeux! Roulez jeunesse! En avant toute! Consonne! Voyelle! Etc.

Faivon des paftèques

Mai est là.


Moi aussi, je suis toujours là!

Toujours plongée dans cette temporalité si aléatoire.. Déjà mai? Et pourtant, c’est tellement loin.. C’est passé vite. Mais qu’est-ce que c’était long!

Un rythme si spécial. Apprendre à ne jamais être pressé. À composer avec les éléments en place et le contexte du moment, sans chercher à élaborer de plans trop précis pour le futur: ca arrivera quand ca devra arriver. Moi aussi, d’ailleurs, j’arriverai au moment où j’arriverai, pas avant ni après.

La notion de retard ne fait pas partie de l’imaginaire collectif. Avant 10heures, le matin, rien. Je me rends au bureau de poste sous un soleil déjà puissant et la rue du marché est déserte: en fait, les gens émergent de leurs cachettes le soir, après le coucher du soleil, quand on ne risque plus de se faire avaler tout cru par la lumière et la chaleur solaires. Je bois. Moi, l’antihydratation incarnée, j’ai tout le temps soif et absorbe joyeusement chaque vers d’eau fraîche qui croise mon chemin.

Bref, comme prévu, il fait chaud, et ca n’arrange en rien la rapidité ambiante: rien de tel qu’un soleil de plomb pour justifier un longue sieste à l’ombre! Y compris allongé sur une selle de moto, sur un ‘terre-plein central’ semi-herbeux qui sépare les 2 voies de la route, ou autre support inconfortable.

Les vendeurs de parapluie-rasol étalent leur colorée marchandise sur le bord des routes, là où l’absence d’arbres permet à l’astre vigoureux d’assommer le passant à coups de rayons pour le vider de son énergie.

D’autres vendeurs continuent à emplir nos yeux de couleurs et d’agréables pensées avec leurs peluches de chien, leurs éléphants gonflables, et leurs crocodiles en plastique.

D’autres encore réparent les chaussures au marteau ou regonflent les roues des vélos.

Tiens, d’ailleurs on se marre à la vue d’un vélo qui transporte un énorme bloc de glace sur son porte-gabages, déjà ruisselant, et on espère pour lui qu’il ne va pas trop loin. (je l’ai pt-être déjà mentionné, mais c’est tellement conceptuel, le transport-de-glace-sur-un-vélo-en-plein-soleil-par-45-degrés!)

Le linge, lui aussi, sèche plus vite que la musique, à peine étalé sur les rambardes qui longent la route, ou sur le bord de la rivière dans laquelle il vient d’être lavé, ou partout ailleurs. Quand je sors de la maison, j’essaye de trouver le moyen d’ouvrir le portail en le touchant le moins possible: il est brûlant.

À part ca, les pastèques sont arrivées! Psartèk psartèk, quel régal! Énormes et arrondies, elles encombrent les stands du marché, débordent des camions, envahissent le paysage, c’est très chouette! Leurs copines les mangues sont sur le point de déferler aussi. Mon ventre s’en lèche les babines d’avance.



Les petits nenfants vont toujours à l’école dans leurs petits nuniformes, plus tôt maintenant que l’été est là. Ils en sortent vers midi et se font ramener à domicile par des bus pétaradants, ou mieux, pour les demi-portions, par des rickshaws scolaires! C’est toujours le même concept: un guidon, des pédales, un gars qui s’échine dessus, et un truc monumentalement lourd derrière lui. Dans le cas des rickshaws scolaires, le truc lourd c’est des petits écoliers et leurs grappes de cartables, abrités par une espèce d’auvent arrondi, à la manière des diligences de Lucky Luke.



Parfois, le milieu de la route est en train d’être repeint au pinceau en bandes noires et jaunes. J’aime bien l’absurde du quotidien. Les routes sont défoncées et pleines de trous, l’accès à l’électricité et à l’eau courante est loin d’être universel (et même quand accès à l’électricité il y a, les coupures de courant sont son plus fidèle camarade), les écoles manquent de profs et de locaux, les officiels sont corrompus, les enfants n’existent pas légalement à défaut d’enregistrement à la naissance, les rivières sacrées sont des plus polluées... Mais, pour commencer, que faire? Et si on repeignait le bord des routes en noir et jaune par dessus la couche toujours visible de l’année dernière?

(La deuxième priorité, c’est de laisser libre cours à sa mégalomanie et de faire construire à grands frais des parcs immenses et de faire ériger des statues. Mayawati, la Chief Minister (Equivalent de Gouverneur, Président de région..) de l’Uttar Pradesh, est assez spécialiste en la matière. Elle se fait élire en tant que Dalit (la plus basse caste) par la population rurale et pauvre de l’Etat, puis jette des lakhs de roupies par les fenêtres pour qu’on voie sa photo tous les 2 mètres. (Lakh=unité de mesure indienne, ca veut dire centaines de millier je crois).



Je dis ‘jecrois’ parce que je confonds sûrement avec les Crores, autre unité de mesure. De toutes facons, fini la rigueur. J’ai appris à accepter l’approximation. Ne pas savoir précisément, ne pas obtenir d’information certaine. Se ballader dans un flou artistique. ‘Ne savoir qu’une chose c’est qu’on ne sait rien’ (oui, je plagiate un peu). (Et me répète beaucoup, je crois aussi).

--Encore un peu et je ferai des fautes d’orthographe! ..

..Dieux du ciel non, tout mais pas ca-



À propos de manque de savoir, il y a quelques temps déjà, que j’ai fini Alice, et son pays merveilleux. Tentant de rattraper un bout de culture contre l’étendue de mon ignorance en lisant enfin l’oeuvre de Lewis Carroll, je fus tout bonnement époustouflée de trouver le bouquin si bien!

Eclat de rire garanti toutes les 5 pages, je tenais à en partager un petit peu.

“-No wise fish would go anywhere without a porpoise. [porpoise = marsouin].

-Wouldn’t it really? Said Alice, in a tone of great surprise.

-Of course not, said the Mock Turtle; why, if a fish came to me, and told me he was going on a journey, I should say, “With what porpoise?” “.



(En guise de mauvaise traduction pour les anglo-pas-phones – sachant qu’en francais ca perd tout son intérêt :

-Aucun poisson intelligent n’irait nulle part sans un marsouin.

-Vraiment? Dit Alice, d’un ton très surpris.

-Evidemment, dit la ‘Fausse Tortue’; pourquoi, si un poisson venait me voir, et me disait qu’il partait en voyage, je lui dirais, “Avec quel marsouin?”)



Mon prochain marsouin à moi c’est Chachikpur: retour à la campagne pour la fin du stage. Ca veut dire aussi retour aux connexions internet lentes et laborieuses, à la quasi impossibilité de charger des photos, et aux petits oiseaux.

Finir en vitesse les préparatifs de départ de Lucknow, et décoller. Je risquerais de m’encroûter!

vendredi 30 avril 2010

Banaras en nimages



Petite vue du tour un bateau; on apercoit au fond le ghat principal.



Aube: Le soleil qui se leve, apparaissant lentement derriere la pollution.


Les ablutions matinales sur le ghat prefere des Indiens du sud (je crois).

lundi 26 avril 2010

Varanasi

Rentree de Varanasi.
Me voila a Lucknow.*

Que c'etait joli!
Benares est une ville assez inimitable. Elle a beau etre archi sacree et supra touristique, on s'y sent bien.
Une ambiance toute particuliere et difficile a decrire. On y trouve des Lingam de Shiva partout, et meme ailleurs. (Les lingam sont des symboles de fertilite, cones de forme plus ou moins phallique). Des indiens transcendes, des touristes hippies, des cours de yoga sur les bords de la riviere.
Les bords de la riviere, d'ailleurs, si celebres avec leurs marches qui descendent vers le Gange, ont un petit nom: les Ghats.


Une experience moins traumatisante que ce a quoi je m'attendais. Certes, on est allees s'approcher des buchers de cremation qui reduisent cadavres et bois en cendres sur la rive pour leur assurer une entree au 'paradis', mais on n'a pas eu a subir de vision insoutenable ni d'experience invivable.

Les Sadhus, ces mendiants vetus de orange vif qui sont supposes avoir renonce aux choses materielles (d'ou leur mendicite qui les fait vivre, il faut bien qu'ils mangent quand meme!) encombrent les axes et les ghats principaux, c'est a se demander s'ils n'ont pas fait une industrie de leur 'renoncement'.

Le tour en barque sur le Gange etait a ce point inevitable qu'on n'a pas su l'eviter. Sans regret d'ailleurs, une petite promenade en bateau a l'aube ou au crepuscule dans ce beau decor n'est jamais trop deplaisante, malgre la conscience de n'etre qu'un touriste de plus qui profite d'un point de vue pas du tout original ni moins voyeur pour prendre ses photos souvenir.

Apres, le plus dur c'est de reussir a garder le sourire et la repartie lors de la 10 000eme proposition de bateau (boat?) ou de petites fleurs-bougie a mettre dans l'eau.. Invitation commencant invariablement par 'Yes madam, please?'. Comme s'il etait possible de commencer une phrase par 'Yes madam'! Non mais ca va pas la tete!

La ceremonie du ghat principal, a 19h, est pleine de lumieres, de bougies, de fumee, de cloches et de public. En gros, on fait tourner de l'encens devant soi, puis on fait tourner des bougies devant soi, puis pareil dans l'autre sens, le tout pendant que les cloches beuglent en continu. Ca ne m'a pas transcendee pour un brin.
Mais bon, pour ma defense, je ne suis pas quelqu'un de tres spirituel...

Au centre de la ville, un temple au dome d'or qu'il ne sert a rien de chercher a visiter, pas plus que la mosquee comprise dans l'enceinte du temble shivaite: c'est interdit aux non-hindous et tout est fait pour vous emmerder le plus possible! Z'aviez qu'a etre ne dans une religion qui vous determine des la naissance a rater votre vie ou a la reussir sans rien pouvoir y changer!

En tout cas, ce furent 5 jours vraiment sympa et agreables dans une ville aux petites rues pavees qui me rappelerent vaguement Venise (oui, de loin). Du bon temps et quelques belles photos.

Si je peux, j'y retourne!

*Reconnectee apres une semaine bonus de fievre-grippe-dengue-malaria-granules-clouee au lit, je revois enfin la lumiere et la chaleur du monde exterieur. Il faudra bien que je retourne a Chachikpur un jour.. En mai, la date n'est pas fixee.

jeudi 8 avril 2010

Transports, encore



Maniant, d'une main habile, le volant de mon deux-roues, je degainai de la seconde main l'appareil photo enfoui dans mon sac et le manipulai dans tous les sens pour enfin parvenir a prendre cette photo..

Comment mieux decrire ces camions debordants et surcharges, plus qu'on ne l'aurait jamais imagine, qu'avec une photo explicative? Voila.. On ne sait pas comment ils font, mais ils y arrivent.. Certains sont encore 2 fois plus hauts et pleins, mais celui-la, meme s'il n'est pas le plus impressionant, a le merite d'avoir accepte de poser pour ma photo!

A sa droite, en train de le doubler, un 'tempo', de son vert reconnaissable, c'est lui ou l'un de ses cousins que je prends pour mes deplacements dans la ville lorsque le scooty n'est pas libre. On s'y entasse, on s'y jouxte, on s'y transpire les uns sur les autres, c'est bon enfant... !


                                            __________


Non, vous ne revez pas. Je suis finie! Aneantie!


J'ai trouve un maitre, un guru, un modele supreme! Mon velo fleuri n'a qu'a bien se tenir, la ou il est: pas de quoi faire le malin!

Bon, pour ma defense, ce velo-la, c'est celui d'un vendeur, il est donc normal qu'il dispose de plusieurs varietes de fleurs en plastoc et d'une structure a sa mesure.
De quoi m'inspirer... ?!


[En attendant, quelques jours de vacances a Benares pour me remettre de mes emotions.]

Nouvelle conduite

Pas d'angle mort qui tienne!
Adieu, les Bonjours, merci et s'il vous plait!
Des litres de chai en stock pour chaque visiteur!
Traiter les enfants de "Good boy" ou "Good girl"!
Allumer la lumiere dans la piece ou vous dormez!
Ecosser les petits pois!
...
Vous faire assoeir a la seconde ou vous entrez dans la piece et vous bourrer de biscuits,

Ne pas tenir parole -"oui, demain je te l'apporte..Demain, sur!",

Tocquer a votre porte fermee avec insistance jusqu'a ce que vous ayez envie de me calmer d'un grand coup de pied dans le posterieur (et quelques insultes),

Ne jamais s'inquieter des camions qui arrivent pile en face de moi a contresens,

Ne jamais chercher a donner a l'heure fixee une valeur importante; ce n'est pas parce que ca commence a 10heures que ca veut dire qu'il faut que j'y sois a dix heures..,

Peindre des fresques murales a base de moustiques ecrases,

Ne plus s'encombrer des formules indirectes du genre "Est-ce que je pourrais eventuellement s'il te plait avoir un peu d'eau..?", mais aller droit au but: "Donne-moi de l'eau!",

Preferer un salut de la tete et sans contact physique a l'indecente proximite de la bise ou de la poignee de mains, mais me ballader dans la rue en tenant la main de mes copines (entre garcons vous avez le droit aussi, c'est signe d'amitie, mais GARE, surtout pas de croisements, individus feminins et masculins toujours strictments separes!),

Ne pas arreter de vous donner des conseils de grand-mere sur la conduite que vous devriez avoir (ne porte pas des tee-shirts sans manche, c'est mal vu, ne coupe pas le concombre comme ca, tu vas te couper, ne te lave pas le soir, tu vas attraper froid..),

Et, bien sur, ne pas chercher a savoir si vous etiez en train de regarder la tele au moment ou je me plante devant pour repondre au telephone..




AH, j'en oublie surement; mais c'est un bon debut:


.. C'est tout ce que je risque de vous faire subir a mon retour, par ma nouvelle conduite, si mon adaptation aux modes de vie indiens s'avere bien reussie!

dimanche 28 mars 2010

Illustrations





Un apercu de la cantine des vaches. Elles ont beau etre sacrees, elles n'ont guere d'autre source de rumination que les sacs plastiques et les delices qu'elles denichent dans les tas de dechets, un peu partout..



Autre scene recente, sur la magie des rickshaws..
Quand ce n'est pas des echelles, des chaises, des cordes, des tuyaux, des bouteilles de gaz, des frigos ou des gens, les rickshaw peuvent aussi se transformer en livreurs de Bouddha sans tete...

D'ailleurs, Bouddha, Ganesh? Difficile a dire; les deux sont ventripotents.
A vrai dire, il n'y avait personne a qui demander..











Dans ma collection de velos, en voici un nouveau..

Intercepte au Kukrail park, le 'parc aux crocodiles' de Lucknow.

On y est alle dimanche dernier a l'occasion d'une veritable 'sortie dominicale en famille'..

terrorisante

Je suis devenue terroriste.

Eh oui, voyez-en ici la preuve: une photo de moi voilee.

Or, comme chacun sait, voile = musulman = terroriste.
(...)
Cela va de soi.
Voila, c'est fait! Je m'y suis mise aussi.


A quoi est due cette subite conversion? Je m'adapte a l'environnement. Et l'environnement qui m'environne, (environ) en ce moment, est vraiment propice au foulard.

Ce matin, dans le journal, une carte de l'Inde toute rouge: c'etait la meteo: il fait de 35 a 45 degres a peu pres partout.. (si l'on excepte le grand nord avec son himalaya)(pff tricheur va).

Pour se proteger d'un soleil peu compatissant, et eviter de finir comme un oeuf au plat -frit sur la chaussee-, la plupart se servent d'un foulard ou d'un bout de tissu pour s'enturbanner et se cacher la tete. Moi itou.

Les lunettes de soleil, dont j'avais jusqu'a present limite l'usage, sont aussi devunues obligatoires, et elles vienent parachever le deguisement. Me voila incognito.


Et, je dois avouer, ca fait aussi du bien de pouvoir, une fois de temps en temps, se dissimuler derriere son voile. On ressent une sorte de nouvelle impunite.. Le monde est a nous, on ne sera pas demasque.. (ou presque, si on exclut tous les autres details criants d'etrangeite qui revelent mon statut de non-indienne).

Enfin, une fois, pouvoir marcher 50 metres sans se faire devisager de haut en bas par tous ceux qui croisent notre chemin, et meme par ceux qui vont dans la meme direction mais qui n'hesitent pas a tourner ostentatoirement la tete pour nous regarder. Certains, les pires, s'arretent carrement et nous suivent du regard jusqu'a ce qu'on les ait depasses. C'est assez odieux.

-D'ou le soulagement, quand parfois, par la magie d'un casque de moto (bien trop grand pour etre d'une quelconque utilite) ou d'un foulard bien enroule, on peut disparaitre et eviter le poids de ces desagreables regards..*

Des regards parfois innocents, celui d'un enfant curieux, parfois mefiants, ceux des femmes, ou parfois carrement degoutants, ceux de ces hommes frustres (manosos en espagnol) qui, vivant dans un pays ou toute la feminite des femmes est en general soigneusement cachee, se debrouillent pour fantasmer sur n'importe quoi qui leur passe sous les yeux - et si ce n'importe quoi est blanc, meme soigneusement empaquete, ils se croient au paradis (celui des 7 vierges eternellement renouvelables..) et ne peuvent reprimer _au mieux, un regard lubrique, et au pire, un commentaire ou une interpellation..

Le voile, vu sous cet aspect la, m'apparait plus comme un signe de faiblesse de l'homme plutot que de la femme.

D'ailleurs, cette fascination (sexuelle) pour la chair blanche est bonne pour le commerce: je lisais il y a un mois ou deux un article concernant des prostituees de l'ex-URSS qui viennent en masse en Inde et profitent de leur statut de blanches pour appliquer des tarifs 4 fois superieurs a la moyenne..

Bien joue! ..

La beaute est dans le clair, c'est une evidence nationale. A la tele, les publicites n'ont de cesse de nous vanter l'efficacite de telle ou telle 'Fairness cream', soit 'creme eclaircissante' [de peau].


*Encore une fois, on rejoint la problematique du manque de conscience de la notion de 'gene' ou de 'prive'. Il ne viendrait a personne l'idee qu'un regard peut deranger.

[Sauf au Dieu Ram qui repudie sa femme Sita apres qu'elle a(it) ete enlevee par un mechant au Sri Lanka: meme si elle n'a pas ete touchee, elle aura forcement ete souillee par son regard..]

mardi 23 mars 2010

La rue se vit

C'est la saison des cordes.

De plus en plus de rickshaws et de camions sont charges et debordants de cordes.

Les dechets, eux, n'ont pas bouge, ils sont toujours autant partout. Etales, eparpilles, saupoudres ou rassembles en de gros tas sur lesquels viennent se nourir les vaches, parfois des cochons iroquois (leurs poils font une espece de crete sur le dos) et des chiens, qui s'y endorment aussi de temps en temps.

La rue est vivante, la vie est ruante, chaque lieu 'public' est investi.
La gare se transforme en dortoir, un rickshaw sous un arbre formera le meilleur abri pour une petite sieste sur le bord de la route, un robinet ou une pompe a eau permettront a qui veut de se prendre une petite douche (en calecon marron qui, de loin, donne franchement l'impression que le gars parade en tenue d'Adam).. N'importe quel rebord, trottoir ou chaussee servira de siege, ou plus souvent de 'support a posture accroupie'. Les compartiments de train sont ideaux pour s'organiser un petit pique-nique.
(Tenez, mon Coquelicot).

-Pendant ce temps-la, certains individus flottent en l'air: ce sont soit les vendeurs de tabac assis en tailleur dans leurs mini cabanes sur pilotis, soit les manants qui attendent le bus, assis (ou accroupis!) sur les sieges des abris bus qui sont assez hauts pour que rien ne touche le sol.


Et moi, je m'en retourne a la maison. C'est l'heure.

Roulez jeunesse!

Il commence a faire chaud.
Maintenant, a moto, le vent qui nous decoiffe n'a plus la fraicheur d'antan: il s'apparente plutot a l'air du gros tuyau de chauffage du cirque..

C'est pas grave, on est quand meme content d'etre decoiffe : car ce vent a un petit gout d'une nouvelle Liberte.. En effet, maintenant, et depuis fort peu, on est titulaire d'un document OFFICIEL (et meme pas frauduleusement obtenu) pour conduire des vehicules, 4 ou 2 roues! Et on en profite. Roulons, jeunesse!**

Je dis 'on', c'est moi on, a la maniere d'un Nous, Marechal de France.
C'est marrant de se nounouyer. Ils font ca aussi en hindi (beaucoup plus couramment que les francais d'ailleurs): au lieu de dire "mai hu", par exemple, ils diront "ham hai". (Je suis, nous sommes).
Oh,ce n'est pas tout! La langue hindi recele plein de rigoloteries ou d'originalites. C'est interessant d'ailleurs.

Pas de verbe avoir. On ne possede point,eh non! Pas de bol pour ces messieurs les materialistes*. Plutot que d'avoir de l'eau, "il y a de l'eau pres de moi". (A savoir: mere paas pani hai). Les personnes, elles, on les accole a nous.. "Mujhe ek bahin hai" = a moi il y a une soeur.

*Ca n'empeche pas les verbes Lena (prendre) et Dena (donner) d'etre parmi les plus employes.

Par ailleurs, Socrate a du passer par la, ici on ne sait rien. (quels ignares!)Les choses viennent a nous.
On ne sait pas parler hindi, mais l'hindi vient a nous! Mujhe hindi ati hai = a moi l'hindi vient.. Joli, non?

Bon, c'est pas tout ca, mais il ne faut pas oublier les choses serieuses: classifier les gens et leur manifester notre plus grand respect s'ils font partie des 'Bons', des 'Propres', en un mot, s'ils sont des Notres!
L'hindi a, a cet effet, un petit mot tout prepare: "ji". Je l'abhorre. Ainsi, quand on se refere a quelqu'un de 'superieur', qu'il soit la ou non, on accole a son nom le petit suffixe.
-Vous m'appelez Anaelle? Je ne risque pas de vous repondre, je suis offensee, offusquee et diantrement outree. "Anaelle-ji?" ah, c'est mieux.
De meme, le 'ji' remplace le vulgaire oui (ha) lorsqu'il faut repondre affirmativement a ces Hautes personnes.
Me planquant plus ou moins derriere mon statut de debutante en hindi et d'inconsciente etrangere aux coutumes locales, je m'applique a ne jamais en faire usage et a prononcer le nom des gens dans leur simplicite nominative. C'est pour ca qu'on a un non, nom? Nom de nom.


Pour en revenir a nos moutons suintants, qui transpirent de chaleur, je voulais vous faire part d'une touche de poesie recurrente, augmentant avec le soleil: les parapluies-ombrelle.
De plus en plus souvent, sur le bord des routes, on voit des jeunes (ou moins jeunes) femmes, qui, pour se proteger du soleil, se promenent nonchalemment avec un parapluie.. Je trouve ca bo! (avec un accent circonflexe). Ca fait un peu Magritte..

Une autre version de protection solaire, outre la creme, c'est les gants des annees 1920, qui montent jusqu'au-dessus du coude (Bonjour Coude!).


**Vous pouvez me dire "Drive carefully" si vous pensez qu'on ne me l'a pas encore assez repete..
Moi, j'avoue, la circulation indienne me fait bien marrer. Il faut s'y fondre, s'y glisser, y slalommer, s'y embourber; le tout est de ne jamais s'enerver. Prendre les choses comme elles viennent et faire sa sauce avec. La meilleure technique reste encore de rouler a peu pres sur la ligne centrale qui separe les deux voies. Ca permet de doubler les tempo trop lents qui sont vaguement a gauche et de se faire doubler par les motos plus rapides qui sont supposees arriver a notre droite. Mais evidemment, il faut toujours etre pret a changer la routine et savoir doubler un camion par la gauche, ou encore faire un gros ecart pour eviter un trou, une vache, ou un rickshaw qui est apparu sans prevenir. (S'il a oublie de crier "gare".)
Le 2-roues n'est pas forcement plus rapide que les autres moyens de transports: il y en a trop pour qu'on puisse etre le seul malin a se faufiler entre les voitures. En fait, meme la condition de pieton est parfois difficile: il m'est deja arrive de me retrouvee bloquee, a pieds, dans un embouteillage! Mixite totale, des pieds au roues en passant par les moteurs, pas de discrimination: tout le monde etait coince a sa place.

Technologie, mon amie

La Grande incapacité notoire de la technologie fait encore des siennes.
Et aujourd’hui, encore moins de pacité que de coutume.
On compte dessus, mais rien n’est plus traître!
Ah, vile engeance.

Mon dédé externe a été bien joliment infecté par une saleté de virus, ce qui me prive donc d’accès à tous mes documents -que ce soient photos ou tableau, rapports ou messages. Youpi.

Me voilà bien en peine, aux côtés d’un pseudo patron chaque jour plus antipathique. C’est pas très tagréable.


Sinon, ca va!

Envie d’écrire. Ca fait des baux.

jeudi 18 mars 2010

Railway Station


Pour prouver mes dires: Vue de la gare de Lucknow.
Photo recuperee sur le net juste pour vous montrer qu'elle est jolie quand meme.

mardi 16 mars 2010

A defaut d'ecrire des choses correctes, en ce moment, je livrerai simplement une vue sur mon petit moment de kitsch quotidien : la salle du 'cours de danse'.. Un regal!


Imaginez egalement les guirlandes de fleurs en plastoc qui ruissellent pour former une separation avec la 'salle de musique'..

En general, qd je ressors de la, j'ai la peche!

(la question est de savoir: est-ce parce que lorsque j'y suis je me meus dans mon element ou parce que je suis contente d'en sortir?)

mercredi 3 mars 2010

Chennai, Puducherry, Mamallipuram

On dit des gens du sud qu’ils sont globalement plus foncés et plus tranquilles que ceux du nord de l’Inde. Je suis globalement d’accord.

Globalement, que trouve-t-on au sud que l’on n’a pas au nord (disons en Uttar Pradesh)?
-le jasmin dans les cheveux des femmes
-la mer (ou l’océan…)
-une telle chaleur
-les idlis et les dosa, repas typiques
-autant d’affiches de cinéma sur les murs, y compris sur les murs tordus, ce qui donne des effets 3D intéressants
-le tamil*, incompréhensible mais lui aussi très joli à l’écrit (enfin, ca c’est quand on se ballade dans le Tamil Nadu, où se trouve Chennai, parce que si on va dans le Kerala, l’Etat d’à coté, c’est déjà une autre langue..)
-les temples débordant de couleurs et de personnages dodus* (dieux ou animaux, tous ne sont pas identifiables pour la novice que je suis), à coté desquels les temples du nord apparaissent sobres (!)
-les éléphants qui adoubent les donateurs de concombres devant un temple de Ganesh (le dieu à tete d’élephant, ndlr) [oui, c’est moi la rédaction].

*c’est le coté dravidien du pays, en opposition au coté aryen/sanskrit ou persan du nord..


Un accueil très sympa à Chennai chez Laure, de supers jus de fruits mixés maison, la découverte d’un lieu à ne surtout PAS visiter (Le fort Saint Georges, ressemblant à un hlm délabré, vide et militaire, d’une tristesse déprimante tellemetn il n’offre rien à voir), un métro qui n’est jamais souterrain et qui offre une jolie vue sur la ville à travers les portes ouvertes.

Quelques jours à Pondichéri, qui est plus petit que ce que je croyais. Couch Surfing toujours aussi sympa et efficace, on est accueillies dans une chambrounette archichouette sur une terrasse magnifique en mosaiques et on a droit à une virée en moto pour voir les alentours.
Ancien comptoir francais, on y trouve toujours des francophones et des vrais pains au chocolat (aah, ca faisait longtemps), de la bière (ca aussi), un consulat déserté par ses employés (non il est en sortie personnelle, il faudra revenir demain mademoiselle) et quelques églises (roses toutefois, ne déstabilisons pas trop l’Indien kitschisé depuis l’enfance)!


A quelques kilomètres de là, Auroville, le village utopique créé en 1968 dont je ne sais trop que penser.
Il est vrai, ce n’est pas une attraction touristique. Pas possible de se ramener la bouche en coeur et demander une visite guidée. Alors, comme on aimerait bien se faire qd meme une petite idée, on se contente d’un passage au centre d’information qui nous présente le projet, et d’un apercu du Matrimandir, grande boule dorée édifiée au centre du village pour la méditation.

 
(Soucoupe volante)
Matrimandir, photo de Laure


-Une jolie idée de rassembler toutes les nationalités, une ouverture à l’autre, une solidarité en vue de la paix et du progrès.
-Une spiritualité qui me laisse dubitative (approche trop superficielle de ma part, oh surement), avec un culte quasi idolatre envers la Mère fondatrice, une francaise qui s’était entichée de Sri Aurobindo et de sa philosophie. Se défendant d’etre une nouvelle religion, mais impliquant une vision du monde propre et des ‘étapes’ plus ou moins ritualisées vers la ‘transcendance’, le tout entre 28 guillemets tellement je pense etre loin d’avoir cerné précisément l’idée.
-Une concrétisation partiellement réussie, étant donné la très faible intégration de la communauté dans la vie locale en dehors d’Auroville meme, et inversement. Composé d’une majorité d’Européens (surtout des Francais) qui donnent parfois la désagréable impression de profiter des conditions de vie de la région et des services qu’ils se sont crées sans chercher au développement de la zone et aux échanges avec les ‘hors-communauté’, et se réfugiant de plus en plus au sein de leurs propres murs. (..oui…il est nécessaire de réserver l’accès à cette zone de plage, si les locaux ne peuvent s’empecher d’etre affolés par la vue de toutes ces blanches dénudées, ..etc)..
En tout cas, leur resto sur la plage (à l’intérieur d’un campement qui m’évoque vaguement une sorte de club med pour hippies/bobo) propose des salades délicieuses – et on n’est pas censé y avoir accès-.


Puis on va tourister pour de vrai, à Mamallapuram –ou Mahabalipuram, pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?


Mamallapuram, c’est la plage, c’est le soleil, c’est les touristes et les restos, et les boutiques d’artisanat. Un joli parc où il fait bon se promener en attrapant des coups de soleil, qui comprend une pierre en suspens, un phare et des temples aux reliefs travaillés.


Un bain dans l’Océan Indien au petit matin, que c’est bon ! L’eau est plus chaude qu’une armoire en fer, 3 surfeurs tentent vainement de trouver des vagues, et même les petits vendeurs de sacs en tissus délaissent leur labeur pour profiter de l’eau et s’amuser un peu. C’est agréable à voir.

Bonnes vacances, donc. J’y serais volontiers restée..

Train

2 mars 2010

Retour dans ma contrée nordique après de fort jolies vacances dans le sud du pays. Je valide.

Des choses à raconter? Voui, un peu.

Pour se rendre dans le sud, en train, depuis Lucknow: la plus efficace des méthodes pour commencer est de se rendre à la gare. (jolie gare d’ailleurs, vue de l’extérieur).
Si l’on est trop en avance, on pourra occuper son attente en observant quelques singes qui s’amusent sur le quai d’en face, en entamant la discussion avec notre voisine accroupie (alors qu’en routard(e) primaire nous avons préféré de nous servir de notre sacadal comme siège), en voyant défiler les petits étalages de livres à roulettes et les mendiants, ou encore en s’étonnant d’apercevoir le gars qui prend sa douche, là-bas, sur les rails, avec l’eau qui sort d’une espèce de canalisation indéfinie.

Une fois monté(e) dans le Raptisagar express, qui n’a d’express que le nom, on n’a plus qu’à trouver sa place et tenter de s’y concocter un petit espace cosy, le plus comode qui soit pour y passer nos prochaines 36heures..


J’ai une préférence pour les places du haut: alors que les couchettes du bas servent de banquette à tous ceux qui veulent s’assoeir et tenter de voir un bout du paysage, que celles du milieu implique, si l’on veut s’en servir, de faire lever tout le monde de la banquette du bas pour redresser son “dossier” en position horizontale (ce qui n’a d’intéret qu’au moment de se coucher); la couchette du haut, elle, permet de s’installer dans une certaine “ “intimité” ” (en Inde, c’est un concept à relativiser) et de s’y étaler –en toute impunité- dès que souhaité, tout en conservant la possibilité d’aller rejoindre les assis d’en bas.


J’ai la mémoire qui flanche, j’me souviens plus très bien. Mais, je prends le risque de me répéter si jamais j’avais déjà fait état de cette réfléxion: j’aime bien les transports en commun. On y partage toujours quelque chose. Si ce n’est une conversation ou un sourire, ce sera au moins un peu de temps, un peu d’espace, et des mouvements communs, dictés par les roulis et cahots du véhicule.


Il ne vous reste plus, maintenant, qu’à trouver de quoi vous occuper pendant les 2 prochains jours dans cet espace réduit. Vous pouvez, comme moi, avoir prévu plus de choses à lire et à écrire que n’en aurait besoin l’ensemble du wagon, et vous trouver stupide a posteriori de n’avoir une fois de plus pas su faire simple et léger. Vous pouvez, toujours comme moi, avoir été atteint la veille du départ d’une trouille nutritionnelle qui vous aura fait emporter une montagne de choses à grignoter –au cas où- incluant des bananes qui vous enivreront de leurs doux effluves toute la nuit malgré le sac plastique.

Mais en fait, meme si votre sac ne contient que 2 tshirts et 1 paire de tongs (c’est les vacances, bondieu!), vous pouvez etre surs de ne pas mourir de faim ni de soif.

En guise de Pourquoi, vous pourriez vous demander Mais Comment?

Grace aux inlassables porteurs chemises à carreaux qui parcourent les couloirs sans treve ni relache, répétant leur litanie semi-mélodieuse: “ Chai garam chaii”, “Chai coffee, coffee chai”, “khana garam khana”, “samoseeee”, “egg briyani anda briyani”, “pani botel”, ou autre..
[Dans l’ordre: Thé chaud thé; Thé café, café thé; repas chaud repas; samosas; oeufs briyani (nom d’un plat, en anglais puis hindi), bouteilles d’eau, etc.]

Le tout est d’avoir en poche quelques deniers, sans quoi vous aurez du mal à vous procurer ces mets (d’ailleurs pas mauvais, j’en atteste!).


Le trajet se passe en général assez agréablement, surtout si on a pensé à prendre des tissus pouvant faire office de draps-couvertures, car en classe ‘sleeper’ ils ne sont pas fournis.

Confronté aux magnifiques paysages, aux envolées d’oiseaux ou aux images si rapides qu’on croit les avoir revées, à toutes ces choses qui n’arretent pas de courir derrière la fenetre, vous vous direz peut-etre une fois de plus que vraiment, que décidément, ce pays déborde (de) et combine parfaitement ces trois merveilles du monde: la Vie, la Nature, et la Beauté.


Lors de ce trajet, vos uniques périls potentiels seront évités si vous prenez soin de vous attacher les cheveux lorsque vous etes à proximité des ventilateurs fixés au plafond, et que vous vous aggripez à quelque chose quand vous vous tenez près de la porte d’accès au train, qui est toujours ouverte.

C’est chouette, d’ailleurs, j’aime bien ca, meme si je n’ai jamais osé m’assoeir sur le rebord avec les pieds sur les marches extérieures. (de toutes facons, généralement, la place est prise. Parenthèse dans la parenthèse: les Indiens semblent aimer à s’agglutiner tous en certains points meme s’il y a des l’espace autour. Ainsi, dans le train, ils seront majoritairement à la porte ou à la fenetre: c’est grace à ce genre de subterfuges qu’ils parviennent à faire croire aux observateurs extérieurs que le train est toujours bondé, meme si la plupart des places sont vides!)


Ah oui, tout de meme, n’oublions pas le danger majeur à surmonter lors de votre fou périple: les toilettes…

Il n’est pas improbable qu’au cours de 36heures, l’envie vous prenne de soulager votre vessie ou votre arrière-train. (Y compris si vous etes à l’avant du train, huhu). Il vous faudra alors vous armer d’un courage de lion et d’un rouleau de PQ (qui n’est présent à ma connaissance que dans les aéroports et les hotels classieux).
-1ère étape: réussir à positionner ses pieds pile sur l’emplacement prévu à cet effet, sans glisser. En cas de glissade, le résultat pourrait s’avérer déplaisant, si vous atterrissez dans le liquide qui peuple le sol, ou désastreux, si votre pied a le malheur de se retrouver dans le trou d’évacuation, lequel offre une vue directe sur les rails.

-2ème étape: s’accroupir, toujours sans tomber, malgré les mouvements dynamiques et peu compatissants du train, et ne pas penser au sol qui défile a toute allure sous vos fesses.
(Une anecdote douteuse m’avait été relatée concernant une mère accouchant –sans faire exprès- aux toilettes de son bébé qui aurait profité du joli conduit béant pour se retrouver sur les rails aussitot sorti de sa maman. Retrouvé sain et sauf, ainsi que sa mère, qui s’était jetée hors du train à sa suite (d’où l’avantage des portes ouvertes)).
-3ème et dernière étape: mener à bien ses petites affaires sans s’en mettre partout!

Je dois dire que je ne suis pas peu fière d’avoir su venir à bout avec succès de ces toilettes acrobatiques, et à plusieurs reprises avec ca!

La classe! –non?-


Si après toutes ces épreuves, et tout ce temps, vous etes toujours vivant, il ne vous reste plus qu’à débarquer tout motivé dans la chaleur de Chennai.

Mais ca, c’est une autre histoire..

lundi 22 février 2010

Echaffaudage

 
Et voila l'échaffaudage!