dimanche 29 avril 2012

Carrick a rede

Dimanche 22 avril, c'était le jour de la Chaussée des Géants.
Mais pas uniquement!
En effet, après la distillerie Old Bushmills, on a longé la côte en direction de Belfast et on s'est arrêté à Carrick-a-rede, où se trouve le célèbre  Rope Bridge (pont de corde).
C'était presque encore plus joli que Giants Causeway tellement que c'était beau.



D'abord, il faut marcher un peu, entre la mer et les moutons -on commence à avoir l'habitude.
On arrive ensuite au pont qui relie la falaise sur laquelle on se trouve et la toute petite île de Carrick.
Le pont, comme son nom l'indique, est fait de cordes et de bois.


 



Nonobstant il a un air sérieux et ne donne pas l'impression d'être fragile: du coup, quand on pose le pied sur ce pont suspendu à 30 mètres de haut au-dessus d'une eau très claire, on est confiant et épaté du paysage, et hop! sans les mains! ..pour pouvoir prendre 18647 photos par minute.


Si on se retourne vers le côté que l'on vient de quitter, on peut voir sous le chemin les grandes falaises creusées par l'eau.



 L'eau est tellement transparente qu'on se croirait en Sardaigne.. Sauf qu'ici curieusement on a moins envie d'enlever ses gants, bonnet, manteau, écharpe (...) pour se baigner.

 Après le pont, on a une vue sur un mur d'oiseaux, qui nichent dans les creux de la falaise ou volent autour : plein de mouettes (ou goélands, en tout cas des trucs blancs avec un bec et qui émettent des sons marins), quelques guillemots (plus petits, noirs à bec noir), et même, un pigeon! Complètement incongru dans ce décor, on se demandait autant que lui ce qu'il foutait là.
















Une fois sur l'île de Carrick, on marche sur de l'herbe tellement épaisse qu'on a l'impression de rebondir. De là, on aperçoit l'Ecosse! Et aussi la mini île qui est juste à côté mais qu'on ne peut pas rejoindre -pas de pont cette fois-. Du coup les oiseaux en profitent pour envahir les rochers qui ont l'avantage d'être un peu plus plats que la falaise d'à côté..

La mini île aux oiseaux



C'est pô bien grand, mais, pardi, c'est joli!

















mardi 24 avril 2012

Giant's Causeway

J'avais bien mieux à faire, dimanche, que d'endurer les élections présidentielles françaises.

Grand bien m'en fasse! Avec nos petits camarades en visite chez nous, on est allé à la Chaussée des Géants (Giants' Causeway).



Dommage, on n'a pas eu droit à beaucoup de soleil, car un petit rayon de lumière aurait dévoilé la munificence du lieu! Sa plénitude, son irradiance!




C'est une incroyable curiosité géologique sur la côte tout au nord de l'île irlandaise. La légende raconte que le héros du coin, Finn, avait construit un pont géant pour rejoindre la côte écossaise, où se trouvait un autre géant. Effectivement, on trouve un site comparable sur la côte écossaise. Les raisons et les modalités de leur rivalité sont variées, mais le plus important c'est qu'à la fin - naturellement! - c'est l'Irlandais qui gagne.
Mais qu'est-ce? Un ensemble de rochers noirs et gris de différentes tailles mais d'une forme géométrique très régulière, hexagonale, qui sont agglutinés les uns aux autres, jusqu'à la mer. Ils sont issus d'une forme de basalte (lave), refroidis rapidement il y a environ 50-60 million d'années, virgule trois.






 On peut marcher dessus, mais attention ça gliisssse! Le haut de ces "colonnes" est parfois creusé, et d'autres fois bombé, ça fait des marches qui, mouillées, sont aussi glissantes qu'une patinoire un jour de soleil. Ou qu'une peau de banane sur le trottoir.
(D'ailleurs j'en ai vu une ce matin, de peau de banane sur le trottoir, ça m'a fait penser à ces BD pleines de blagues gentilles et désuètes du genre Boule et Bille, et j'ai ri. Cela dit le reste du temps les trottoirs sont très propres. Peu de déchets au sol, pas de crotte de chien surprise, ce qui est très agréable quand on marche régulièrement dans la rue! A-ce un rapport avec les amendes encourues par les pollueurs (jusqu'à £500) que des petits panneaux nous rappellent régulièrement le long du trottoir? Je ne sais guère.)




Bref, difficile à décrire, le Giants' Causeway, il vaut mieux exposer son unique et exceptionnellement exclusive originalité intrinsèque par des images, qui feront mieux que mes mots.








Des tout mous!










 Des colonnes grecques!














Puis,
On est juste à côté, comment ne pas y aller ? A Old Bushmills, connue comme la plus ancienne distillerie de whisky du monde..
On apprend la différence entre le whisky scotch (écossais), qui a un goût fumé, et le whisky irlandais, qui subit 3 distillations consécutives (contrairement aux américains qui n'en ont qu'une seule, bouh caca). A la fin, dégustation: on a le choix entre du 10 ans d'âge, 12 ans, 16 ou 20, et une cuvée spéciale "1608" préparée pour les 400 ans du lieu.. On a fait notre choix grâce à un grand panneau illustré qui nous expliquait que dans celui-ci on a des saveurs de pêche alors que dans celui-là on sent distinctement du chocolat au lait et de la vanille.. Je n'y ai vu que ma langue en feu!
(J'exagère, promis! J'ai dégusté et tout! Vous m'accorderez tout de même l'expression?)

Reprendre la route de la côte et rouler à gauche après ça, c'est hachement plus drôle!


jeudi 19 avril 2012

Belfast au quotidien

Belfast au quotidien, c'est chouette.
On s'y sent bien!

Une douce promenade à vélo le long de la rivière Lagan constitue mon trajet de la maison à l'école de cirque. C'est l'occasion d'y apercevoir des mouettes (qu'on entend toute la journée) et de se faire doubler par moult cyclistes tout fluos qui filent à toute allure sur leurs vélos aux roues fines. S'ils sont tout fluos, ce n'est pas qu'ils ont mangé trop de méduses, c'est juste parce qu'ils s'arnachent de vestes ou sacs jaunes criards pour être visibles par les voitures - partons donc du principe que les voitures ont des yeux.


C'est vrai que ça rajoute quelques miles de passer par la rivière, mais les jours où il fait beau (comme celui-là), c'est tellement tagréable!
Par contre, les jours de vent ou de pluie, ou des deux à la fois, le vélo devient un calvaire, une lutte contre les éléments, le souffle court, l'impression qu'on n'arrivera jamais à destination.. Diantre, que cela est déplaisant.


 Un mini pont-levis que je n'ai jamais vu ouvert sert à pouvoir faire passer les bateaux de la mise à l'eau à la rivière.
Les jours de beau temps, et ceux de temps moyen aussi, la rivière regorge d'avirons! Le flot est maintenu à peu près constant par un barrage construit en 1994, le Lagan Weir.
The Lagan Mystery : à certaines heures de la journée, on voit apparaître à la surface de l'eau des bulles à intervalle régulier, suivant une ligne droite au milieu de la rivière.. Grand mystère encore irrésolu, phénomène naturel ou écoulement d'égouts? Les paris sont ouverts!


à la sortie de cette voie piétonne, on continue de longer la rivière, mais en plus urbanisé.
On rentre dans la zone des grands bâtiments tout modernes comme le Waterfront Hall, un immense complexe qui fait salle de danse, auditorium, restaurant.. C'est le quartier qui a lancé le défi des parois en verre, celui qui a dit "yen a marre des bombes, maintenant on veut du développement économique, de l'audace, de l'avenir!". D'où la statue de la liberté qui est sur le point de mettre un panier! Bon, en vrai, elle s'appelle Thanksgiving Statue et elle fait presque 20 mètres de haut, debout sur son globe. "The globe at her feet indicates the universal philosophy of peace, harmony and thanksgiving, and has marked on its surface the cities where the people and industries of Belfast migrated and exported to." Pas mal, non?

Certains croient même que Belfast est le nouvel Ibiza.. Ce qui n'a pas manqué de me faire marrer!


La ville est tellement gentille que les feux de circulation passent au rouge pour les voitures dès qu'un piéton appuie sur le petit bouton.. Et la voie ainsi libre se met à biper désespérément pendant les quelques secondes allouées aux piétons pour rameuter tous les aveugles qui auraient voulu traverser à ce moment-là.

Les pubs sont fort nombreux et permettent à quiconque boit de la bière de trouver un abri à tout moment -ce qui, par un temps aussi imprévisible, n'est pas inutile-.


De l'autre côté de la rivière,  en direction du nord, on aperçoit les immenses chantiers de construction navale H&W, ou Harland and Wolff, since 1861 s'il vous plaît! Ces messieurs dames ont l'honneur d'être les constructeurs de navires historiques tels que, qui ça?, le Titanic!

Ah, le Titanic, parlons-en, du Titanic...

vendredi 13 avril 2012

cadeau bonus


Easter : la suite à Dunfanaghy

Fin d'un suspense insoutenable : nous sommes allés à Dunfanaghy!

Un zadorable couple de retraités et leur chien nous ont pris en stop à la sortie de Derry, et nous ont emmenés là où ils allaient savourer leur déjeuner, à environ 50miles de là, dans le charmant village côtier de Dunfanaghy. C'est en Irlande : on a traversé la frontière! Indétectable, on n'y verrait que du feu si le revêtement de la route ne changeait pas et si les panneaux n'étaient pas soudainement sous-titrés en gaélique.


Superbes paysages.
Notre hostel était un peu excentré par rapport au village; pour rejoindre le centre il nous fallait marcher environ 2 miles le long du lac des cygnes (Black Swan?). Un beau lac. Avec des cygnes.
(...)
Oui.
Et, tout autour, des moutons. Sur de l'herbe archi verte. Et des pierres grises. Plein de couleurs qui se mélangeaient et se renouvelaient en permanence en fonction de la lumière.








Quand je me suis étonnée de l'omniprésence des moutons auprès d'un autre de nos autostop-chauffeurs, il m'a rappelé que la baie s'appelait Sheephaven, littéralement "havre des moutons".. Partout, donc, des moutons blancs et noirs, (certains les 2 à la fois), bêlant, et, pour les petits magneaux, courant se réfugier sous les pies de leur mère dès qu'ils nous apercevaient.





J'ai aussi redécouvert les joies de la marée, épatée de pouvoir marcher sur une vaste étendue à peu près sèche un soir et de revoir la même zone le lendemain matin remplite et débordante d'eau.. Oui, c'est normal, c'est l'Atlantique, la lune, l'univers, tout ça, mais c'est quand même fou!




On a bien utilisé nos gambettes, marchant sans fin jusqu'à des grandes plages vides que le vent et les vagues n'épargnent pas. Sur le chemin, on a eu droit à, dans le désordre:
-soleil
-pluie
-éclaircie
-vent
-resoleil
-averse
-nuage
-re averse
-grand soleil
..en l'espace de 2 heures!
Du coup, l'herbe verte et les cheveux d'or sur lesquels on marchait nous apparaissaient différemment tous les 4 pas. On se demandait comment autant de végétation pouvait pousser dans du sable. Très beau. Et très prenant, quand on est balloté par les éléments comme ça, on se se sent complètement intégré, on n'est pas devant un paysage, on est dedans.
Après la plage, venaient les falaises, avec des rochers noirs qui se faisaient attaquer par la mer. Supposément, on aurait dû voir un cercle de pierres, qui ne nous a guère impressionnés par rapport au reste.
Puis, de nouveau, de l'herbe, des moutons, des pierres grises, des jolies ruines. Et même un petit passage en forêt. Tout était là!

Et, merveille du monde, on peut se poser à la fin de la balade dans un pub qui a un feu de bois! C'est agréable et c'est joli, les charbons ronds qui y brûlent ressemblent à des oeufs de dragon.






Et, pour ceux qui ne seraient pas enclins à marcher des kilomètres, Dunfanaghy offrait toutes sortes d'autres activités: balade à cheval sur la "plage" à marée basse, golf le long de la plage, ... ou hélicoptère! Il y avait vraiment un petit hélicoptère dans un jardin, garé à côté des voitures, comme un moyen de transport tout-à-fait ordinaire. Marrant!

mardi 10 avril 2012

Easter on tour! Derry.

C'était Pâques!
C'était un peu les vacances.
Alors on a vadrouillé.
Pas très loin de Belfast, on n'avait pas tant de temps que ça, mais point n'est besoin d'aller voir loin pour trouver des endroits magnifiques!

Première étape: Derry.
Officiellement Londonderry, mais controverses, tensions, revendications, font que finalement on a plutôt tendance à l'appeler Derry (version catholique des faits, et non pas des fées). Derry-Londonderry sera d'ailleurs la première "UK city of Culture", le même concept que la capitale européenne de la culture mais à l'échelle du Royaume-Uni. La première édition, c'est donc en 2013 à Derry.



Deuxième plus grande ville de l'Irlande du Nord, elle ne fait pourtant pas très grande. En fait, comme souvent, elle est assez étalée sur les collines autour d'un centre ville plutôt petit. Le centre historique est ceint de remparts* sur lesquels on peut marcher, c'est sympa et on y trouve un canon tous les 30mètres. (* à l'entrée de la ville, des panneaux la présentent comme "The walled city".)


Photo: La Cathédrale Saint Columb, vue depuis les remparts. Elle est construite en haut de la ville, on la voit de loin (notamment de l'autre côté de la rivière).


Un tout nouveau pont tout beau tout neuf tout blanc tout financé par l'Union Européenne a été construit récemment, et il relie l'est et l'ouest de la ville séparés par la rivière Foyle. C'est le pont de la paix, "Peace bridge" qui va faire que le monde sera un et que les hommes s'aimeront sur la terre. Enfin, j'espère.

A notre arrivée, il pleuvait, et, en bon dimanche de Pâques, tout était fermé (Tout? Non ! Car un village peuplé d'irréductibles Gaulois résiste encore et toujours à l'envahisseur); alors ni une ni deux, que fîmes nous? Nous nous réfugiâmes dans un pub!
Ce qu'il y a de sympa avec les pubs, ici, c'est qu'ils sont familiaux. Une vraie institution, qui rassemble petits, vieux, gros et gentils de midi à minuit.. On y sert souvent de la nourriture, ce qui fait que tout le monde peut y trouver son compte : les gamins ont leurs frites, le pépé son journal, le cousin son match de foot à la télé (ou bien de golf, on en voit souvent!), et la tante sa machine à sous!
La clientèle est donc très diversifiée, en âges et en styles, et ça me plaît.
La carte l'est un poil moins : des bières (la Guinness, incontournable, est au même prix que la blonde, et le tout pour la moitié des prix français), du bon cidre, et en général du café et quelques alcools fort (whisky, gin). Peu de vin, et de toutes façon il vaut mieux éviter (j'ai essayé, ça m'a pris environ 40min pour réussir à finir mon verre de blanc qui avait le goût d'un futur mal de crâne)..!




















La ville est aussi connue pour ses "murals", peintures murales politiques qui rendent bien visibles les oppositions existantes ou passées. Le quartier catholique de la ville est annoncé par "You are now entering Free Derry", comprendre : ici on est du bon côté, on est libres, on résiste encore et toujours à l'envahisseur (décidément, merci Astérix pour la formule!).

Photo de droite: une inscription loyaliste (protestante) juste à côté d'un symbole de l'IRA.
"Londonderry Westbank loyalists still under siege, no surrender".
(C'est à croire que tout le monde est cerné!)
Au fait : c'est à Derry que s'est déroulé le Bloody Sunday (30 janvier 1972); la répression violente d'une manifestation pacifique qui a choqué le monde entier, même U2.


On n'est resté qu'une nuit à Derry, et le lendemain matin on s'est lancés à l'aventure : faire du stop en direction de l'ouest, et voir jusqu'où ça nous mènerait, avec seulement 2 jours devant nous.

Mais qu'est-ce que cela va-t-il bien être?