vendredi 22 janvier 2010
La ville. Je n’hésiterai pas à proférer une telle platitude: la ville, c’est très différent de la campagne. Eh oui!
Surtout quand on passe d’une mini communauté franchement rurale à une capitale. Dingue, me direz-vous.
Voilà maintenant un peu plus de 2 semaines que je suis à Lucknow. Et, pardi, je m’y plais bien! Assez étonnant pour quelqu’un qui n’est d’ordinaire pas franchement passionné par la vie des grandes villes – j’avais plutôt tendance à reprocher aux métropoles leur gris, leur pollution, leur agitation pressée, leur étendue inhumaine..
Pourtant, m’y voilà, et assez satisfaite.
[Pour répondre aux interrogations intriguées de certais, je vais de ce pas expliquer ce que je fais là: la même chose qu’à Chachikpur! Ou presque. Je continue mon stage avec PANI sansthan, qui a un bureau à Lucknow aussi. J’observe un mode d’action différent envers des populations différentes (Après les villages ruraux de Chachikpur, on s’intéresse ici aux populations des Slums, qui sont d’ailleurs souvent parties de la campagne pour tenter leur chance à la ville). Bon, ca, c’est la théorie. Pour l’heure, je n’ai pas encore eu l’occasion de faire de ‘sortie’ et me suis concentrée sur des taches de bureau – ce qui me change aussi.
Le but de mon séjour ici est ten outre d’accélérer un peu mon apprentissage de l’hindi, qui est encore et toujours archi nécessaire pour communiquer..
J’ai donc fini par trouver un cours après de laborieuses recherches: ici, on peut apprendre toutes les langues étrangères qui soient -du Russe à l’Urdu-, mais pour trouver un cours de la langue locale, c’est pas du gâtal.
Car, lorsque, après mes quelques mois d’apprentissage forcené, je serai parfaitement bilingue (ne prenez pas cet air dubitatif..), c’est reparti pour un tour à Chachikpur!]
(Veuillez apprécier mon effort pour vous fournir une rime en –our).
Voilà.
Je disais donc que, curieusement, la ville, ca me plait. J’y décèle encore assez de bordel et d’absurde pour m’y sentir à l’aise. Il y a toujours des petits bouts de magie ou de poésie qui poitent leur nez ponctuellement aux milieu des klaxons. L’oppression d’habitude ressentie dans les villes trop construites et sans horizon n’a pas lieu d’être ici, ou tout est encore à moitié complet, un peu construit mais pas trop, un peu embouteillé mais pas trop, un peu urbain mais pas trop..
D’ailleurs, pas plus tard que l’autre jour, je crois bien avoir découvert la signification concrète du ‘sentiment collectif’ de Durkheim.
Pédalant tranquillement, juchée sur mon vélo tout fraîchement acquis, je rentrais à la maison. Il faisait déjà plutôt nuit, et les phares des voitures qui filtraient à travers les arbustes et les pattes des vaches contribuaient à conférer à la route une ambiance intime et surnaturelle. J’arrive alors à un ‘Chowraha’, un simili rond point où se mèlent et s’entrecroisent tous les véhicules de la création (il faudrait vraiment que je prenne le temps d’esquisser une description du nombre et de la diversité des bidules à roues qu’on peut trouver ici). Je m’y engage paisiblement, m’intégrant joyeusement à ce grand flux désordonné et incompréhensible, me fondant parmi les ombres et les lumières mouvantes: je me dissous dans ce grand tout circulatoire. Dissolution du moi dans la collectivité, ‘sentiment océanique’ comme dirait l’autre. L’apothéose de ce moment de jouissance intervient lorsque, innocemment, je balance au milieu de cette symphonie de tuut et de pouets le petit dring dring désuet de ma propre sonnette de vélo : à ce moment-là, un immense sourire me fend la poire en deux : j’ai contribué, moi aussi, à la cohésion de la société.
Une expérience unique! Et renouvelable.
Fromidable.
N’oublions pas de placer un petit paragraphe instructif de wikipedia:
Lucknow (Hindi: लखनऊ; Ourdou: لکھنو Lakhnaû) est la capitale de l'État de l'Uttar Pradesh, en Inde. Sa population s'élève à 2 800 000 habitants (2006), ce qui en fait la deuxième ville de l'Uttar Pradesh après Kanpur (4 130 000 hab.).
Merci papa!
vendredi 22 janvier 2010
lundi 11 janvier 2010
Activisme perlier
J’ai découvert une organisation super chouette, qui est pleine d’équitable, de partage, de création et de joli.
Elle s’appelle Bead for Life, et travaille au développement des populations Ougandaises en vendant en France des perles recyclées de leur fabrication.
C’est tout simple et pas con du tout, beau et bon esprit: ca m’a donné envie d’en faire de la pub. Allez voir sur leur site,
http://www.beadforlife.fr/
et vous pouvez même organiser une ‘Perle-party’ si vous avez le temps! Je trouve cette reprise modernisée des réunions tupperware hachement pertinente, et le concept est si cosy!
Voilà.
Perlement vôtre..
Elle s’appelle Bead for Life, et travaille au développement des populations Ougandaises en vendant en France des perles recyclées de leur fabrication.
C’est tout simple et pas con du tout, beau et bon esprit: ca m’a donné envie d’en faire de la pub. Allez voir sur leur site,
http://www.beadforlife.fr/
et vous pouvez même organiser une ‘Perle-party’ si vous avez le temps! Je trouve cette reprise modernisée des réunions tupperware hachement pertinente, et le concept est si cosy!
Voilà.
Perlement vôtre..
samedi 9 janvier 2010
Jal Mahal -Jaipur
En fait, ce que je prefere, ce sont les photos des gens qui font du cerf-volant, avec leurs gestes sans but apparent et leurs mimiques concentrees, on se croirait au theatre face a d'excellents mimes ..
Outre les velos et les vieux murs, les portes eveillent aussi en moi un emerveillement photographique perpetuel.
Image onirique : Jal Mahal, le chateau dans l'eau.
Un reve incarne, un mirage persistant..
Sur la route d'Amber Fort Bien sur!!
Work in progress, juste devant Jal Mahal.
Shiromani temple -Jaipur
Tres joli avec son style 'bouddhique' et elephantesque.
Sur les marches du temple, 2 garcons qui font du cerf-volant.
Tous les enfants de la ville semblent passer leurs journees a faire du cerf-volant. Si ce n'est grace a eux, je ne sais comment expliquer leur innombrable presence aerienne dans les cieux Jaipuriens.
En tout cas, ca me plait beaucoup.
City Palace -Jaipur
Jaigarth Fort - Jaipur
Jaigarth Fort
Juste au dessus d'Amber Fort.
Une ballade de 3 km dans la brume avec une vue magnifique.
Conseil : quand vous visitez un fort, ne prenez pas le chemin qui longe le rempart : ce n'est pas un raccourci! Parfois, ca arrive au pied d'une tour sans porte a 3 metres du sol et vous vous trouvez bien depourvu avec votre flemme de tout redescendre pour mieux remonter sur le vrai chemin..
jeudi 7 janvier 2010
Lucknow
Les vacances sont finies, Jaipur aussi. Comme Capri.
La nouvelle adresse qui m'echoit a present est celle de Lucknow :
PANI sansthan,
HD-80, sector I
Jankipuram
Lucknow 226021
Uttar Pradesh
INDIA
Ca c'est celle de l'Office, mais je ne connais pas encore celle de la maison. Je suis cette fois hebergee par Babli, la fille de ceux qui m'hebergeaient a Chachikpur, celle qui a eu l'heureuse initiatie de m'appeler 'Mahi' et qui n'attache pas son fils a la place du mort dans les voitures (comme tout le monde).
Elle est tres gentille.
Voila pour aujourd'hui.
Perspectives de davantage de connexions, maintenant que je suis 'a la ville'...??
La nouvelle adresse qui m'echoit a present est celle de Lucknow :
PANI sansthan,
HD-80, sector I
Jankipuram
Lucknow 226021
Uttar Pradesh
INDIA
Ca c'est celle de l'Office, mais je ne connais pas encore celle de la maison. Je suis cette fois hebergee par Babli, la fille de ceux qui m'hebergeaient a Chachikpur, celle qui a eu l'heureuse initiatie de m'appeler 'Mahi' et qui n'attache pas son fils a la place du mort dans les voitures (comme tout le monde).
Elle est tres gentille.
Voila pour aujourd'hui.
Perspectives de davantage de connexions, maintenant que je suis 'a la ville'...??
lundi 4 janvier 2010
Toulouse - La Ville Rose -
Ca y est, trop tard..
Quand on passe aux oreilles, c’est déjà une autre affaire. Comme toute ville indienne digne de ce nom, Jaipur croule sous les véhicules (une roue, deux roues, trois roues, voire quatre, avec ou sans passagers, avec ou sans moteur.. Ca avance, ca klaxonne, ca pétarade, ca utilise chaque centimetre carré de chaussée et envahit complètement l’espace sonore lui aussi.
Pas marrant pour nous, pauvres piétons, de passer 10 minutes sur le ‘trottoir’ à se demander si on arrivera à traverser un jour en se bouchant les oreilles.
Et puis ces sollicitations permanentes.. Elles peuvent n'être que banalement commerciales et répétitives (s’il y a 10 stands le long de la rue qu’il vous faut descendre, vous pouvez être sûr d’être interpelé AU MOINS dix fois, et de vous faire barrer la route cinq ou six fois par un vendeur qui vous montre son magasin d’un bras transversal..);
Mais, malheureusement, il arrive aussi qu’on se retrouve nez à nez avec tout ce qui nous désole dans ce monde et qu’on essaye d’ordinaire de refouler discrètement dans un coin obscur de notre tête pour éviter d’avoir à se sentir trop coupable .
Des enfants qui mendient de la manière la plus insistante et suppliante qui soit pour être sûrs que si on ne leur donne rien, au moins on aura mal au coeur; des éclopés, mutilés, amputés qui arborent leurs membres absents comme pour mieux nous convaincre de leur malheur.. La liste n’a pas besoin de continuer, vous avez compris l’idée.
Besoin de repos, de retrait de cette agitation difficile qui s’empare soudain de l’Occidental déstabilisé qui ne sait comment il peut s’attaquer à toute l’injustice du monde tout en étant un touriste au taux de change hypra-avantageux qui le transforme automatiquement en porte-monnaie sur pattes.
Et puis, après une pause un peu au calme, un chai, on ressort et on est de nouveau pris dans le tourbillon de la ville, on est de nouveau épaté par toute la vie qui est perceptible, partout, et de nouveau fasciné par ces étrangeries loufoques et astucieuses, aussi bien architecturales que gustatives, en passant par tous les sens et même davantage.
Bref, du tout et du rien a la fois, du magnifique et du tres moche, de l'exaltation et du degout, si j'aimais les formules publicitaires, je dirais que Jaipur est pleine des contrastes de l'Inde et que c'est aussi ce qui fait sa magie.
...Encore des montagnes de choses à dire et à écrire, mais pour l’heure, ca suffira.
Bonne annee!!
Et puis du bien, du beau, du mieux, du bon et du meilleur pour chacun. La routine, quoi.
Voila.
Presque 10 jours maintenant que je suis à Jaipur, celle qu’on appelle La Ville Rose. La couleur dominante de la ville, issue d’un caprice du Maharaja qui s’est un jour dit « Tiens, aujourd’hui je suis content ! Tiens, la Reine Victoria va venir boire une thé dans pas longtemps ! Tiens, et si je faisais repeindre toute la ville pour elle ? » , n’est pas le rose guimauve qui vient à l’esprit quand on entend parler de ‘ville rose’.
C’est plutôt un joli rouge un peu orangé, un peu tuile, un peu sympa.
Sur la photo, évidemment, pas de rouge : c’est parce qu’on est en dehors de la ville, à Amber Fort, un Palais magnifique. Lui aussi est rempli de ces caprices de maharaja qui permettent des constructions inimaginables. Si vous envisagez de passer a Jaipur un jour, ne le loupez pas!
Pour le reste,
Impressions mitigées. La ville recèle de merveilles pour les yeux : des Palais d’Alladin, des tissus plus colorés et attirants les uns que les autres, des temples incongrus, des échoppes pour touristes qui incarnent à peu de détails près mon paradis visuel - fait d’accumulations et de débordements chatoyants.. Quand on passe aux oreilles, c’est déjà une autre affaire. Comme toute ville indienne digne de ce nom, Jaipur croule sous les véhicules (une roue, deux roues, trois roues, voire quatre, avec ou sans passagers, avec ou sans moteur.. Ca avance, ca klaxonne, ca pétarade, ca utilise chaque centimetre carré de chaussée et envahit complètement l’espace sonore lui aussi.
Pas marrant pour nous, pauvres piétons, de passer 10 minutes sur le ‘trottoir’ à se demander si on arrivera à traverser un jour en se bouchant les oreilles.
Et puis ces sollicitations permanentes.. Elles peuvent n'être que banalement commerciales et répétitives (s’il y a 10 stands le long de la rue qu’il vous faut descendre, vous pouvez être sûr d’être interpelé AU MOINS dix fois, et de vous faire barrer la route cinq ou six fois par un vendeur qui vous montre son magasin d’un bras transversal..);
Mais, malheureusement, il arrive aussi qu’on se retrouve nez à nez avec tout ce qui nous désole dans ce monde et qu’on essaye d’ordinaire de refouler discrètement dans un coin obscur de notre tête pour éviter d’avoir à se sentir trop coupable .
Des enfants qui mendient de la manière la plus insistante et suppliante qui soit pour être sûrs que si on ne leur donne rien, au moins on aura mal au coeur; des éclopés, mutilés, amputés qui arborent leurs membres absents comme pour mieux nous convaincre de leur malheur.. La liste n’a pas besoin de continuer, vous avez compris l’idée.
Besoin de repos, de retrait de cette agitation difficile qui s’empare soudain de l’Occidental déstabilisé qui ne sait comment il peut s’attaquer à toute l’injustice du monde tout en étant un touriste au taux de change hypra-avantageux qui le transforme automatiquement en porte-monnaie sur pattes.
Et puis, après une pause un peu au calme, un chai, on ressort et on est de nouveau pris dans le tourbillon de la ville, on est de nouveau épaté par toute la vie qui est perceptible, partout, et de nouveau fasciné par ces étrangeries loufoques et astucieuses, aussi bien architecturales que gustatives, en passant par tous les sens et même davantage.
Bref, du tout et du rien a la fois, du magnifique et du tres moche, de l'exaltation et du degout, si j'aimais les formules publicitaires, je dirais que Jaipur est pleine des contrastes de l'Inde et que c'est aussi ce qui fait sa magie.
...Encore des montagnes de choses à dire et à écrire, mais pour l’heure, ca suffira.
Inscription à :
Articles (Atom)



