mardi 27 octobre 2009

Stage

A la demande generale (...), je rajoute un nveau message plutot que remplir ceux qui existent deja (oui, c'etait une mauvaise idee, et alors?)

Mon stage, concrètement, consiste en deux types d'actions différentes :

- D'une part, la participation aux meetings d'information et de participation que PANI organise dans les villages du coin. La thématique, en ce moment, est Les Droits de l'enfant.

Ils reunissent pour cela les enfants du village, les parents, ou toute la communauté. Tout le monde s'assoeit sur une grande bache posee a l'ombre, pieds nus, les intervenants de PANI en face des villageois.

Puis un 'orateur', animateur, lance le thème et le débat, il pose des questions, répond a celles qui sont posees, chacun peut prendre la parole a tout moment. En general la discussion avance d'elle-meme par les differentes interventions sans qu'il y ait besoin d'intervenir, mais souvent tout de meme quelqu'un de PANI prend la parole, pose une nouvelle question, collecte des informations..

Par exemple : combien d'enfants vont a l'ecole, combien mangent 3 repas par jour.. Vous devinerez que ma participation personnelle est plutot reduite : je fais acte de presence, je decore (ben ouais), j'essaye de comprendre les grandes lignes et en prends quelques notes, et je prends des photos.

- Apres discussion, j'ai aussi commence a accompagner un autre groupe de PANI qui est specialise dans la photo : il s'agit d'une part d'illustrer l'action de PANI pour les 'instances superieures'; mais egalement de constituer des dossiers de 'sponsoring' (parrainage) d'enfants en association avec l'organisation PLAN.

Pour constituer leur dossier, donc, on se rend dans des villages plus ou moins lointains (d'ou trajets en moto) a la rencontre des enfants dont on prend un portrait seul ainsi qu'une photo de pied avec la mere ou la famille. J'aime beaucoup ces sorties!

Le cote photo est tres chouette, mais reste toutefois tres limite : exigeances quant aux marges, au cadrage, au fond et surtout aux appareils eux-meme (forcement des ptis compacts sony, qui sponsorise, en automatique)..

On ne fait pas de la grande photo. Mais ca rend tout de meme souvent, a mon gout, des images tres belles.

D'ailleurs il faudrait que je les recupere..

Lorsqu'il n'y a pas de sortie, je suis au local, et il faut avouer que j'ai pas mal de temps libre.. Que je passe, quand je suis assez motivee, dans mon bouquin d'hindi. Mais je me fatigue tres vite..

Inde vs Perou

J’ai beau m’etre cette fois dirigee du cote oppose a l’Amerique latine, je ne peux m’empecher de retrouver ici plein de petits details deja entrevus au Perou.

- cette ambiance de joyeux bordel, que l’on trouve par exemple au marche ;
- cette poussiere a certains endroits envahissante et diffuse qui donne parfois aux scenes quotidiennes des lumieres et des allures irreelles, presque oniriques ;
- cet etonnement face aux gringos (je ne connais pas encore le terme de ‘gringo’ en hindi d’ailleurs) ;
- cette dependance de l’homme a la femme ; dans le sens ou un homme sans mere, epouse ou employee de maison est rarement capable de se debrouiller tout seul au quotidien (nourriture, lessive..) ;
- cette omnipresence sonore : il y a toujours quelqu’un ou quelque chose qui parle, qui tremble, qui chante, qui crie, qui roule, qui tape, qui tombe, qui klaxonne, qui tourne.. a toute heure ;
- cette absence de tout Non ou de la moindre contradiction dans l’education (je serai tentee de dire non-education) des enfants, qui amene parfois a des comportements completement inacceptables de la part de ces ptits diables. Inacceptable selon mes criteres, mais pas le moins du monde pour leurs parents. ;
- cet accueil de l’hote ou de l’invite directement dirige vers l’estomac, et cette determination a me faire ingurgiter plus de succulents mets que je ne peux (et pourtant, ma limite n’est pas si facile a atteindre dans ce domaine-la !) ;
- cette eau froide de la douche qui demande pas mal d’auto persuasion en hiver pour s’y mettre ;
- cette incroyable diversite des cultures, des climats, des paysages dans un seul pays. (Mais dans le cas de l’Inde, c’est un peu de la triche, etant donne sa taille continentale) ;
- cette impossibilite de prononcer correctement mon prenom : ca donne Anel au Perou, et Anelli ici.
Mais j’ai toutefois eu droit ici a une remarquable initiative qui se doit d’etre mentionnee : trouvant Anaelle trop complique, Babli, la fille de Bharat, a decrete qu’elle mappellerait Mahi (c’est sa maniere de prononcer Marie), apres que je lui eus conte que c’etait mon 2eme prenom que je n’utilisais absolument jamais, et dont la tache n’etait que de figurer sur ma carte d’identite..
- cette jolie langue nationale, meme s’il est vrai que l’hindi ecrit reste incomparable,
- ce developpement des metiers « d’aide a la personne », c’est a dire de differents types de serviteurs.. Employe de maison qui fait portier, serveur, plombier, nounou, gardien, et puis un chauffeur, et puis un livreur... etc.
- cette exageration impressionante dans tous les aspects des programmes televises, du jeu des acteurs a la saturation des couleurs, en passant par les mouvements de camera et le montage, sans oublier les bruitages dignes d’un jeu video..
- cette possibilite de tout acheter a l’unite, par exemple les sachets de shampooings. Dans les formats plus grands, ca fait trop de depenses d’un coup..
- cette importance de la famille, et de son modele traditionnel, et l’influence (nettement plus marquee en Inde cependant) des parents sur le choix de l’epoux/se.

Le pays de la moderation

La plupart des Indiens n’est jamais allee en Corse. En effet,tres rares sont ceux qui ont deja entendu parler de Parcimoni !

[oooh, aaah, applaudissements foisonnants : quelle entree en matiere !]


Le klaxon par exemple. Il a beau faire partie des instruments incontournables de la conduite, il arrive parfois que certains conducteurs se mettent a ressentir un manque en l’absence de klaxon durant plus de 15 secondes, et qui par consequent ne lachent pas le leur. Qu’il y ait quelqu’un a prevenir ou pas, ca n’est plus leur affaire, leur esprit s’est envole vers le royaume polyphonique des klaxons.


D’autres ont trouve une astuce, ce sont les gros camions : c’est carrement une melodie qui se declenche quand ils maintiennent leur klaxon plusieurs secondes !


En voiture, en deplacement, on a l’occasion d’observer un bon tas de choses, comme je le faisais precedemment remarquer. C’est ainsi que j’ai decouvert que l’hyperspecialisation des petits stands du bord des routes est telle que l’on peut aller acheter chez l’un, exclusivement des oeufs blancs ; chez l’autre, des minis sachets de tabac a macher et des bidies, chez un troisieme, uniquement des casques de moto (unisize j ‘espere), ou encore, chez le dernier, seulement des biscottes !


Tant qu’on est dans les histoires de route, je continue sur une anecdote fort goutue. Et vecue, en prime.
Durant le dernier trajet de 160km en 4 heures qui relie Lucknow et Chachikpur que j’eus l’occasion de parcourir, nous etions 6 dans la voiture. Les deux enfants se partageaient le siege avant, sans ceinture bien sur (dur dur de me retenir de sursauter entre 2 serrages de dents crispes dans cette situation.. mais je ne me suis pas lancee dans des ‘avises conseils d’occidentale’ a la mere, qui avait l’air consciente et consentante.. Cruel dilemne d’ailleurs pour moi que de m’exclamer ‘Mais ca va pas la tete ?’ ou de la laisser gerer..) Bref.


Il se trouve que l’un des enfants apartenait a la categorie « malade en voiture ». Il a donc vomi une premiere fois (heureusement plethore de sacs plastiques avaient ete prevus pour l’occasion), puis une seconde fois, puis.. 4 fois en tout, si je me souviens bien. Entre chaque rechute, que faisait-il pour aller mieux ? Il ingurgitait toffee sur toffee, qu’il exigeait d’un mot (« toffee ! » d’une voix un peu gemissante) ou que la mere lui proposait quand il n’y pensait pas ! Dingue. J’ai juste trouve ca dingue. La, je me suis permis de remarquer que si j’etais a sa place, en aucun cas un bonbon ne me remettrait d’applomb, mais a l’est rien ne bouge : la mere n’a pas considere ca comme une idee a essayer.

Enfin, avant une treve de voitures, je vous dirais qu’ici, les ralentisseurs ne sont pas des dos d’ane, o non ! Ce sont des dos de dromaludaire : trois bosses qui vous immobilisent presque la voiture.

Quitte a faire dans la rebelote, je me relance dans un paragraphe sur les tenues des femmes indiennes. Ici encore, la moderation n’est pas de mise. Outre les saris ou kurta (long tee-shirt recouvrant un pantalon) au couleurs prolifiques, ce sont les bijoux qui ont attire mon attention. Tres rares sont celles qui ne portent pas a la fois des boucles d’oreilles, un collier (generalement une chaine en or ou en argent), un bijou sur la paroi gauche du nez (jamais de l’autre cote !), une multitude de bracelets qui cliquettent, clinquent et clanquent, une ou plusieurs bagues aux doits, et, marrant, aux orteils, et enfin des bracelets de cheville. Le compte est bon !

Le pays de la moderation, il existe surement.. mais ce n'est certainement pas l'Inde!

Nonchalance a la francaise

On a coutume de se plaindre des fonctionnaires des services administratifs francais. Quelle grossiere erreur !
Nous ne connaissons pas notre chance ! Certes, le secretariat de la fac ou il faut absolument se rendre avant la fin de la semaine n’est ouvert que de 9heures a 11h30 un jour sur deux, mais, une fois qu’on a vaillament parcouru toute la file d’attente et que c’est enfin notre tour, on fini par obtenir notre papier ! Ou a savoir dans quel autre bureau se rendre de 15h00 a 17h seulement le mardi.. Bref.

Sachez qu’en Inde, c’est pire. Mais pas un pire leger, pas un gentil petit pire.. Un VRAI pire. Moi qui me croyais, apres des semaines de centre aere et de Diablines a 5km/heures dans les rues encombrees d’Aix, un peu aguerrie en ce qui concerne la patience, j’ai tout de meme reussi a m’exasperer interieurement du degre de lenteur, de nonchalance, d’inefficacite et d’inutilite des services administratifs indiens. Du service d’enregistrement des etrangers, plus precisement. C’etait a se demander s’ils ne faisaient pas expres d’etre si patauds.. J’avais envie de prendre le stylo et de le remplir, moi, son fichu formulaire qui ne demandait rien de bien original, entre mon nom et mon numero de passeport qu’il avait sous les yeux... !
Mais j’ai tenu bon, meme apres deux allers-retours pour aller faire des photocopies, des attentes, des changements d’interlocuteur.. Et ce pour apprendre a la fin de cette belle visite que l’on devrait revenir le lendemain, car le jour meme, le superieur charge de ces dossiers (et devant, entre autres, les signer) n’etait pas la... !

Incredible India.
Leur pub, ca c’est garanti, n’est pas mensongere.

Cargaison

Diantre, voila un arrivage tout frais d’agreables moments qui vient de m’etre delivre.
(en plus du travail impressionant de mon ange gardien de la mise en page!Cimer Albert, beaucoup!)

Pour commencer, un peu d’air frais : une grande respiration m’a ete permise grace a un rapide sejour a Lucknow (Lakhnau) en debut de semaine derniere. Tres peu de temps, c’est vrai, surtout en tenant compte des trajets en voiture et de l’arret a Faizabad. Nonobstant, rien de superflu, puisque ce meme arret a l’office regional de Pani a Faizabad m’a offert la possibilite d’une connexion internet hors du commun ! (d’ou ma soudaine prolixite bloggesque, que je ne reitererai pas chaque semaine..)

Et puis, comme d’hab, sur le trajet j’ai eu tout plein de choses insolites a voir et a noter, entre deux panneaux qui faisaient diversion. (La route Faizabad-Lucknow est en travaux, et leur maniere d’indiquer une deviation vers l’autre voie, c’est de poser la un panneau DIVERSION.. !)

Et puis, ce petit retour a la ville (avouons-le, j’ai ete tentee de dire ‘a la civilisation’) m’a remis un peu les idees en place, et surtout permis d’effectuer des operation fort basiques mais aussi fort necessaires ; notamment acheter du PQ et des mouchoirs.. C’est dans la poche, j’en ai fait un stock ! Mieux vaut etre prudent...

Cela m’a aussi ouvert de nouveaux horizons, par le prise de conscience que je n’etais pas enfermee a Chachikpur et que rien ne m’empeche, dans un certain temps, de venir passer un petit mois a l’office PANI de Lucknow, a travailler avec les bidonvilles par exemple (on me l’a propose), ou d’aller rendre visite aux fils de Bharat qui travaillent tous deux dans des organisations d’aide a la population, a Jaipur (Rajasthan) et Faizabad..

En outre, une fois rentree a domicile, arrives sains et saufs malgre la conduite du chauffeur, arriva le temps du Pujah, une grande ceremonie qui rassemble toute la famille Bhushan a Chachikpur pour des festoyades et des rituels annuels dedies a la deesse du soleil. Je decrirai cette superbe ceremonie plus tard, sinon je vais encore recevoir des plaintes concernant la longueur de mes messages. Mais, ce qu’il faut retenir c’est que c’etait magnifique, j’etais si ebaubie que mon doigt ne pouvait quitter le declencheur de mon appareil photo ; et que ce fut aussi une bonne occasion de rencontrer de nouvelles tetes, (et meme des jeunes ! alors ca existe, ici aussi ?!) et de manger comme jamais.

Quel regal, cette bouffe indienne. Je ne m’en remets pas. Pour le coup, meme si c’est encore une fois sans moderation aucune que l’on rajoute huile, ail, piment et epices dans les plats, le resultat est parfait, une sauce piquante est compensee par un plat plus doux, et les papilles se rejouissent sans relache. Le nez cherche parfois a faire son interessant en se mettant a couler pour me rappeler qu’il y avait initialement beaucoup d’epices dans le plat.. Mais c’est delicieux.
La seule petite ... que je trouverais a faire concerne la presence parfois abusive de coriandre, que dans tous les cas je n’ai jamais franchement appreciee..


Et, cerise sur le gatal, depuis hier matin, j’ai pris mon envol : je pedale enfin ! Ma suggestion d’autonomisation pour les trajets maison-PANI a ete immediatement adoptee, et des lors, je me deplace en velo ! O joie, o plaisir retrouve, o liberte ! Je ne devie pas d’un iota de la route que je faisais jusqu’alors en moto, mais j’ai l’impression que desormais tout est possible !
C’est agreable.

Hum, je me dois toutefois de faire une petite correction : je m’etais un peu emballee : les velos ont bel et bien des antivols eux aussi, mais ils sont integres a la roue arriere et on ne les voit pas. C’est d’ailleurs assez astucieux comme technique : il s’agit juste d’une tige en metal qui bient bloquer la roue quand on tourne la cle.

mercredi 21 octobre 2009

Pardon

Les dieux de la mise en page sont décidément contre moi. 

Je suis navrée des gros blocs de mots fort illisibles que je vous impose..

Pourtant c'est pas faute d'essayer d'espacer et d'aérer le tout! (si qqn est plus doué que moi en ;a matière, n'hésitez-pas a m'expliquer comment ca fonctionne!)

Autre commentaire : n'hésitez pas a refaire un tour dans les messages déjà lus, je les complète, les illustre ou les arrange parfois..


Infos pratiques

Infos pratiques.. 

Ou suis-je? 



Agrandir le plan
Adresse : Dhirendrapuri, PANI sansthan
 PO (Post Office) : Chachikpur, via Goshainganj,
Distt : Ambedkarnagar – 244 141, Uttar Pradesh, INDIA Dhirendrapuri, ou Chachikpur, est un petit village de l'Uttar Pradesh a 40 km au sud de Faizabad.
Faizabad est elle-meme a environ 120 km a l'est de Lucknow, la capitale de l'Uttar Pradesh.
Le tout se passe dans le nord de l'Inde, puisque l'Uttar Pradesh est la region qui partage une frontire avc le Nepal, au nord, et aec New Delhi, a l'ouest.

C'est dans cette region que se trouvent Benares (Varanasi) et Agra (.. le Taj Mahal, ca vous dit qqch?)

Decallage horaire : L'Inde est a GMT +5h30, ce qui veut dire 4h30 ou 3h30 de plus qu'en France, en fonction de l'heure d'ete ou d'hiver.

Conversion : possible vers l'hindouisme,le bouddhisme, l'islam,le sikhisme, le taoisme..
vous n'avez que l'embarras du choix!

En ce moment, approximativement, 1 euro = 70 ruppees ..

je completerai avec d'autres infos pratiques,vous pouvez me souffler des questions.

Lexique

Lexico.. Lexiiicoo..

Voici, a picorer, un petit lexique aleatoire (de memoire) : L'alphabet est bien plus complet et varie que le francais, et je ne l'expliquerai pas.

Chaque voyelle par exemple a deux formes, une longue et une courte, pas representees par le meme symbole.. Donc c'est ici transcrit phonetiquement,comme dans mon super bouquin d'hindi!

Quelques idees de la prononciation :
c = tch
v = melange entre v et u
u= ou a= a francais pour les a longs, a anglais (le a court qui ressemble a un e) pour les a courts.
h = ils sont tres prononces, ne pas les omettre! On les dit aspires, mais je suis contre, moi je les expire..
e = et comment je suis censee ecrire un e accent aigu si j'ai pas d'accents?!
ai = comme en francais, le 'ai' bien ouvert de 'haie'

Les questions: 
-Kya = quoi, que, qu'est-ce que
-kyo = pourquoi
-kaha = ou
-kaun= qui
-kisko = a qui
-kitne /kitna / kitni = combien, comment, de quelle maniere
-kab = quand Les essentiels :
-khana = manger
-sona= dormir
-bathrum = transparent
-aur = et, plus (exemple : aur khana??) La notion du temps :
-kal = aujourd'hui
-kal = demain

.. oui, c'est bien ca! Allez vous debrouiller maintenant!

-abhi = maintenant

.. a suivre

lundi 19 octobre 2009

Quelle aventure!

Je me fais rire avec mon soi-disant ‘esprit aventurier’..
C’est sur, partir dans un pays inconnu et lointain pendant plusieurs mois, ca en jette, ca fait audacieux!
.. En fait d’audace, ici, je me suis replongee dans une vie de jeune enfant : capable de comprendre des choses, plein d’envies mais pas encore autonome et ne sachant pas toujours s’exprimer..

Je suis, concretement, completement dependante! Je vis dans une famille attentionnee qui me loge, me nourrit (je reussis de mieux en mieux a me faire accepter pour la participation a la preparation du repas, mais toute autre tache m’est interdite, y compris me servir ma propre assiette..), devancant meme ma faim en me proposant a tout instant de manger ; pour aller au bureau de PANI a 1km, on vient me chercher tous les matins en moto et me raccompagne a domicile le soir, pour acheter deux savons et des tongs, on me conduit, on me dirige, on m’assiste, on demande pour moi..

Ma seule action propre ici consiste en fait a me soumettre au nouvelles conventions, a accepter un etat (que j’espere provisoire) passif et assiste..

Du cote de la prise de risques, des decisions courageuses, on s’approche du neant !
Peut-etre que cette soumission volontaire est une forme d’aventure ; c’est sur, c’est une experience plus ou moins inedite et travaille encore mes capacites d’adaptation.

Mais ce n’est pas forcement la vision que je m’en faisais ! …Quelle aventure ! Quelle aventure ?

recettes

-CHAPATTI ou RUTI 

-D’abord, l’elaboration de la pate :
 -une bonne dose de farine blanche tamisee, qu’on peut melanger ac de la farine complete.

-y verser un peu d’eau (je compte bcp sur votre capacite a mesurer au pifometre), et empoigner le tout a pleines mains pour malaxer.

-qd vous avez reussi a obtenir une grosse masse de pate, ecrabouillez-la avec vos poings (le revers des doigts) jusqu’a l’aplatir completement.

-replier la pate sur elle-meme et recommencer plusieurs fois.

-Puis reformer enfin la grosse masse de pate.

-de la, en separer une partie qu’on roule sur elle-meme pour faire un grand boudin (pardon pour les metaphores un peu balourdes).

-demanteler l’integralite du boudin en tournant son extremite : cela doit former des petits boules, pas plus grosses que le cercle qu’on obtient en joignant son index et son pouce.

-Les petites boules sont aux chapatti ce que les chenilles sont aux papillons !

-En prendre une, la faire rouler sous la paume pour bien l’arrondir, puis l’aplatir un peu du bout des doigts, une fois de chaque cote.

-replonger ce galet dans la farine et l’en submerger.

-ruisselant de farine, ce galet se fera de nouveau aplatir a l’aide d’un rouleau a farine, et, grace a votre dexterite millenaire, il commencera a ressembler a une galette bien ronde.

-s’ensuit un deuxieme bain dans la farine, et un deuxieme passage du rouleau, qui peaufine la forme et la finesse du chapatti encore cru.


CUISSON :

-vous etes supposes disposer chez vous d’un plaque metallique ronde et a peine creusee.
 Vous la placerez alors sur le feu, et, des qu’elle sera chaude, y enverrez le chapatti avec sa petite forme de crepe.

-Ne laissez meme pas au premier cote le temps de se dorer la pilule ; au bout de 10 secondes il est deja retourne.

-Grace a la super pince plate (du genre des pinces de cheminee), vous verifiez l’avancement de la cuisson du 2 eme cote. Des qu’apparaissent des taches de rousseur, c’est dans la poche :

-vous sortez la plaque du feu, et placez le 1er cote du chapatti directement sur la flamme. Normalement, il gonflera comme un petit ballon. La encore, ca dure tres peu, et au bout de quelques secondes, vous pouvez le retirer du feu et le placer dans le recipient thermo dynamique qui retient la chaleur ; c’est votre premier chapatti ! Il doit avoir un toucher souple et soyeux...

-Si, emporte par votre elan createur, vous vous sentez d’enchainer sur la cuisson d’un deuxieme, replacez la plaque sur le feu, AVEC LA PINCE et non pas avec les doigts.. Parce que sinon, ca pourrait faire mal. Mon majeur peut en temoigner.


DEGUSTATION :
-qd je serai grande, je vous fournirai surement la recette d’un super plat de legumes a manger avec son chapatti. Pour le moment, debrouillez-vous !



-TCHAI (cay) 

Je peux a present vous donner la recette du chai (prononcer tchaille), le the au lait aussi incontournable que les chapatti.. (j’ai reussi, hier, a passer une journee sans boire de chai. Mais non sans difficultes! il ne faudrait pas songer a decliner toutes les invitations, ca finirait par froisser les hotes.)

-faire bouillir du lait, au point que ca commence a mousser, a deborder presque, qu’on souffle dessus mais qu’on laisse sur le feu

-y rajouter un peu d’eau -puis du sucre, au gout mais en general c’est une bonne dose

-enfin, mettre du the noir directement dans la casserole et continuer de faire bouillir qq minutes : ca devrait prendre une couleur café au lait (voire meme the au lait pour les intrepides)

-la version aux feuilles de the vert est aussi possible, mais pour ma part, surement pace que c’est le premier que j’ai goute et auquel je me suis habituée, je prefere le noir.

-pour servir, il n’y a plus qu’a se munir d’une tasse a fleurs (parce que c’est dynamique et bon enfant) et d’une passeoire, puis de verser l’un dans l’autre a l’aide du dernier.

Facile, non? Je me plains beaucoup, mais ce n’est pas mauvais! C’est juste ecoeurant a trop haute dose. Essayez!

Ghar par

'Ghar par' = a la maison Petite description de mon quotidien de gallinacee (je me leve et m’endors avec les poules) : Je vis depuis mon arrivee a Chachikpur dans la famille Bushan, dont Prakash, qui m’avait accueillie a l’aeroport, est le fils cadet. En temps byzantin (quand c’est byzance), on peut etre jusqu’a 12 dans cette maison.

Parfois, comme c’est la crise, on n’est que 5. Comme je disais, toutes les generations sont sous le meme toit.

Il y a donc : la Grand-mere, deux des freres de Prakash et leurs epouses, leurs enfants (et epoux respectifs), et les enfants de ces derniers..

La plus jeune s’appelle Shiristi, elle doit avoir 1 an et demi et m’amuse beaucoup. (je crois que c’est reciproque!) (en fait, je mens. Le plus jeune est ne avant-hier! Mais il n’a jamais encore mis les pieds ni le nez dans la maison, il est toujours a l’hopital avec la maman.)




La maison en elle-meme est assez grande, ouverte : il y a une cour interieure, avec toit toutefois, les fenetres sont des barreaux avec des volets.

Pas de salon, on est presque toujours dans l’espece d’entrée sur un lit tresse qui sert de banc, assorti d’une petite table en plastique pour celui qui mange..

Le sol est tres utilise : on s’y assoeit, on y pose les epluchures de legumes avant d’aller les jeter, ou les plats chauds qui sortent du feu.. il faut dire qu’il est en “beton” dans toute la maison, cuisine et chambres comprises.

Ma chambre est a l’etage, a cote de la salle de bains. Ce que j’appelle salle de bains, en fait, c’est les toilettes a la turque (un peu plus elaborees tout de meme que les ‘a la turque’ francaises..) et le robinet a partir duquel on remplit les seaux d’eau qu’on se renverse dessus pour se doucher!

Ca va, je le vis bien. Faut voir ce que ca donnera en hiver, avec l’eau froide.. Etant donne l’ouverture quasi permanente sur l’exterieur, difficile d’eviter la poussiere (jusqu’a ce que je me decide enfin a balayer, il y avait du sable dans ma chambre) et les ptites bêtes, pas toujours si petites d’ailleurs.

A ce propos, je crois bien que je commence a etre immunisee contre les araignees! Meme plus peur, je crains degun! Ou presque.

Les ventilos de plafond sont presents dans toutes les pieces, et bien necessaries, meme si on commence ces jours-ci a sentir le debut du commencement d’un petit raffraichissement.

Bcp de mouches aussi, partout, tout le temps. La description que je vous fait donne l’impression d’un lieu completement insalubre, ms ne vous y meprenez pas!

C’est parfaitement habitable et ne donne pas la sensation de salete. (pas a moi en tout cas !) On pourrait meme dire qu'elle aussi, la maison, est fort bucolique.

La preuve? Tous les matins, un oiseau narcissique vient s'admirer sur le rebord du miroir, s'envolant tres prestement et aeriennement lorsqu'on s'approche.

Conventions, hierarchie, respect..

Parlons convention. La societe indienne que je decouvre peu a peu est une société très tres normée. Il existe un nombre de règles et d’usages impressionnant, portant sur tout et dans toutes les situations.

Je suis d’ailleurs bien loin d’avoir conscience de toutes celles auxquelles je déroge.. Ne serait-ce qu’au niveau vestimentaire par exemple : d’un simple regard, on peut reconnaitre une femme mariée : elle porte le fameux point rouge entre les deux sourcils, qui n’est pas toujours rouge d’ailleurs, il peut être assorti a la couleur du sari ; et elle a egalement la racine des cheveux (sur le haut de la tête, le long de la raie) teinte d’un trait rouge ou orange fluo.

Ce qu’il est marrant de remarquer en voyageant c’est qu’une convention n’est vraiment qu’une convention, un choix arbitraire et inexplique mais accepte par tous..

Comment expliquer par exemple que la decence d’ici impose que les epaules et les chevilles soient couvertes, mais pas le ventre, qui a souvent l’occasion d’apparaitre entre deux mouvements de sari ?

Je pense que je vais inventer une communaute dans laquelle on ne devra surtout pas montrer son petit doigt ni ses oreilles, mais que tout le reste sera visible sans choquer.

Bref. En outre, les regles de politesse et de tenue sont plethore.
Par contre, cracher par terre (le tabac a macher tres populaire), roter en public, renifler degueulassement (cf absence de mouchoirs) ou jeter tout et n’importe quoi au sol (ca me fait mal au cœur.. mais j’ai pas encore le vocabulaire pour soutenir et expliquer mes recriminations) sont des choses parfaitement acceptables.

D’apres mes suppositions (ui, je suppute beaucoup, a defaut de comprendre), ca depend du rang social. La societe est archi hierarchisee (defi : repetez ‘archi hierarchise’ 5 fois a voix haute), et quand les ‘superieurs’ ont tous les honneurs et tous les droits, ceux du bas de l’echelle doivent en permanence montrer leur deference ou soumission et n’ont, par exemple, meme pas le droit a une chaise pour s’assoeir dans la maison d’un ‘grand’.

Pour saluer quelqu’un de plus haut rang que soi, par exemple, il est d’usage de lui toucher les pieds en plus du ‘namaste’ traditionnel.

Je vois mal comment on pourrait plus afficher son humble soumission..
A l’inverse, comme je le disais, les honeurs sont innombrables pour les plus hautes castes. Et pour mon malheur, en tant que blanche, je suis consideree comme faisant partie de la fine fleur de la superiorite sociale.

C’est ainsi que vendredi dernier, assistant a un tournoi sportif entre les ecoles du coin que PANI sponsorisait (fournissait les prix), impossible de regarder quelque match que ce soit sans qu’aussitôt on me fournisse une chaise a l’ombre, au 1er rang, en ayant si necessaire vire 3 personnes et sans tenir compte de mes protestations..

Impossible egalement pour moi d’eviter de me retrouver a la table d’honneur a la fin du tournoi, de recevoir collier de fleurs et lots de recompense (il faut dire que j’avais un grand merite d’avoir deplace ma grande et royale personne sur les lieux)..
Cette ceremonie d’auto celebration m’a un peu refroidie. Les membres de PANI et organisateurs etaient installes a la table, en face de la foule assise par terre, et n’arretaient plus de s’auto congratuler et de se remettre des fleurs (litteralement !), ne faisant parfois meme pas semblant d’ecouter les enfants qui chantaient pour eux juste devant. 

La remise des prix a tout de meme fini par avoir lieu, et en fonction de ses scores, chaque enfant a recu un ou plusieurs verres, coupelles ou assiettes en inox (couverts tres couramment utilises). 

Mais, a force de durer, la ceremonie en a perdu tout son public et le discours final a été prononce pour la table des organisateurs et une pelouse. Le fait que le public n’attende pas la fin peut vous sembler un peu curieux, voire irrespectueux. 

Cela me donne une super occasion de faire une transition vers ce que jai note autour de la difference des conceptions du respect.. -du sommeil ! Je crois que la notion de respect du sommeil est completement etrangere aux Indiens. 

Je fais en fait ici une minable generalisation d’un fait observe uniquement a domicile : c’est juste que depuis mon arrivee, je n’ai jamais pu me reveiller au dela de 8heures (sachant que ma journee de ‘travail’ commence rarement avant 10heures). 

Cela est du a la fois au bruits que la maison, déjà reveillee, produit (des coups de marteau ne seraient pas incongrus a cette heure la), et a la delicatesse de la jeune fille qui partage ma chambre, qui prend bien soin chaque matin d’ouvrir les volets et la porte de la chambre des qu’elle est reveillee, malgre mes protestations et tentatives d’explication regulieres. 

Sa specialite demeure toutefois le debarquement nocturne dans la chambre ou je suis déjà endormie, allumant la lampe et le ventilo a la fois (pour etre sure que si la lumiere ne me derange pas, ce sera le bruit ou le courant d’air) et me souhaitant un ‘Good night’ retentissant quand elle a fini par s’allonger. Glups. -ca, c'est international, mais l'utilisation des telephones portables aussi est assez flagrante de je m'en foutisme pour les gens qui sont autour.. 



En plein meeting de PANI, l'un des animateurs sonne, repond et parle plus fort que celui qui etait en train d'animer le debat.. 
C'est normal. Disons courant. -en fait, il s’agit de saisir toute opportunite qui se presente. Ils sont tellement nombreux, faut pas qu’ils ratent lur chance ! 

Ainsi, si tu regardes quelque chose depuis une chaise et qu’il reste de l’espace devant toi, tu peux etre a peu pres sur que quelqu’un, qui veut voir aussi, viendra tranquillement se placer debout juste devant toi. Le fait de gener n’est meme pas present a sa conscience : il y avait une place.. il l’a prise, pardi !

Le long des routes...

Bon, je m'en sors pas pour organiser dans l'espace ces quelques photos. En haut, les tas de pierres qui formeront le revetement de la route.

Qu'est-ce que je vous disais ? N'est-ce pas intrinsequement bucolique??

Tous les matins pour aller a PANI on a une portion de route bordee de ces immenses fougeres..
(un peu moins rapprochees que celles-ci, certes, on a un peu plus la place de passer..)




C’est fou tout ce qu’on peut voir le long des routes.

L'une des grandes parts de mon quotidien est faite de trajets. Chaque matin et soir, par exemple, j'ai droit a l'aller retour d'un kilometre entre la maison et les bureaux de PANI.

Trajets en moto, presque toujours, je les aime beaucoup! Toujours en amazone, jamais de casque, jamais bien vite non plus (on a fait des pointes a 60km/h, ca decoiffe !

A 70, ca m’est arrive une seule fois, la c’est juste stressant.).. C’est que l’etat de routes ne le permet que rarement ! Si ce n’est la visibilite (fougeres geantes qui cachent le cycliste qu'on va ecraser jusqu’au dernier instant), c’est la practibilite de la route qui n’est pas valable !

Ils sont d’ailleurs en train de refaire la route pres de PANI : c a dire qu’ils etalent les gros tas de pierres pointues qui bordaient auparavant le chemin, deposes la par des camions, et qu’ils passent ensuite au rouleau compresseur par-dessus.

Avant d’etre tassees, les pierres offrent un chemin parfaitement impraticable ! N’empeche que ces trajets a moto sont vraiment chouettes.

Je m’en delecte a chaque fois ! Comment profiter mieux du paysage, si pleinement bucolique ? Quand ce n’est pas un arbre extraordinaire ou un champs de riz ou de canne a sucre, c’est un coucher de soleil orange reflete dans l’eau d’une etang ou riviere.. C’est beau !

Et, un detail qui me plait enormement : les gens ne mettent pas d’antivol a leur velo ni a leur moto. Ils le posent la, et reviennent le chercher quelques heures plus tard, il n’aura pas bouge.

Je crois que je vais me constituer une collection de photos de velos..

Je n'attends plus qu'une chose : acquerir assez 'd'independance' pour pouvoir moi aussi partir en excursion a pedales le long des routes, pour prendre encore plus de photos d'arbres, de soleil et de champs...

Femme a barbe

Je suis une femme a barbe ! Un phenomene de foire ! Une cerise sur le gateau ! Un ponpon ! …

En rapport avec l’idee de respect de l’autre.. en diverses occasions, et plus particulierement lors du tournoi sportif que j’ai déjà decrit, j’ai experimente cette drole de sensation que d’etre une bete curieuse..

C'est-à-dire, pour faire simple, avoir en permanence un, deux ou enormement de regards braques sur moi et me devisageant sous toutes les coutures.

Parfois, c’est meme un cercle entier d’enfants (car il s’agit tout de meme en majorite d’enfant) qui se forme autour de moi, qui demeure bien penaude au centre de leur attention. Ils n’attendent meme pas forcement de moi que je fasse quelque chose de sensationnel, puisque le simple fait que je sois la, blanche malgre mes habits les plus locaux possibles, est déjà en soi qqchose d’extraordinaire.

Mais si je suis en train de faire quelque chose (lire, ecrire..), ca demultiplie encore les curiosites et les regards. A petite echelle, c’est rigolo, etonnant mais ca va..

Mais quand c’est toute la journee, ca devient a la limite de l’insupportable.. Lors du tournoi, donc, il y avait des matchs (meme pas de criquet d’ailleurs !), mais je n’assistais pas a tous. Des que j’etais en dehors, impossible de s’isoler nulle part. J’ai maintes fois tente des deplacements strategiques, des ruses de sioux, je suis allee photographier des arbres bien au-dela des terrains de sports.. rien a faire, toujours au moins deux minots derriere moi a scruter tous mes mouvements.

C’est.. usant. J’ai bien cru pdt cette journee que j’allais finir par peter les plombs, mais ca n’aurait, au pire des cas, que renforce leur interet… !

Bref. Cela pour dire que dans les environs, les etrangers ne sont pas tres couramment de passage et elevent les curiosites.

Ca n’est pas toujours aussi insupportable que ce jour la, qui était dans un contexte particulier. Ca peut aussi revetir une forme hachement plus sympa, comme les « didi namaste ! » cries par les petits tout souriants qu’on croise le long des routes.. Didi, c'est l'equivalent du 'tia' espagnol, ca veut dire grande soeur.

vendredi 9 octobre 2009

Une semaine

-pas le temps pour les photos sur ce message, j'occupe l'ordi depuis presque tout l'après midi, rien que pour ca! c'est mal.- vendredi 9 octobre 2009 Une semaine!

Seulement une semaine que je suis en Inde. Quilucru? Ca fait pourtant si longtemps que je suis partie si loin! La France me parait bien lointaine..

Il faut dire aussi (disons-le, pardi) que depuis mon arrivée, j’ai pu voir énormément de choses, souvent nouvelles et/ou étrangères, qui ont émoustille mes yeux et stimule mes atomes; et qui, s’accumulant, ont deja forme dans un important coin de ma tete un grand tas de découvertes : par conséquent le coin de la France s’est range bien soigneusement a sa place, et me il parait maintenant plus lointain..

Ce que j’aimerais le plus, c’est partager des images. Tout est beau! Il faudrait, pour commencer, que je parvienne a trouver une connection internet qui ne rechigne pas trop a charger qq photos; mais je vais également essayer de faire des descriptions ecrites tellement super glop que vous vous y croirez. Hum. Ceux qui ont de l’imagination.

Par exemple, hier soir. L’equipe de PANI (et moi-même, la gringa du coin) avait passé l’apres-midi dans un village (Bilolpur de son petit nom), a travailler avec la communaute sur la question des droits des enfants, par le biais d’une grande reunion – debat.

 
 Ceci fini, il etait temps pour nous de repartir. Il m’echut une moto, comme moyen de transport. Moto, ca veut dire que quelqu’un conduit [quelqu’un = un homme, je n’ai jamais vu de femme au guidon d’un moto], et que le passager [ca c’est moi] est assis derriere, en amazone.

L’amazone est valable pour tout le monde, par tous temps, sur tous les deux-roues (en velo on en voit tres souvent aussi), mais surtout les femmes… Je presume que c’est pour une question de gestion du sari, qui ne permet pas forcement la position motocyclique classique.. 

Bref. Le soir commencait a tomber, le ciel etait gris-bleu a l’exception d’un bande rougeoyante le long de l’horizon, les champs nous entouraient et quelques arbres se detachaient en noir dans la brume.. Et moi je contemplais ce paisible décor qui defilait grace a ma mobilite veloce et qui se renouvelait en reflets dans l’eau.. 

Le tout constituait un paysage qui, c’est le mot, etait intrinsequement bucolique. Certes, pour etre aussi bucolique qu’un pique-nique champetre, il aurait fallu ignorer les inombrables moucherons qui nous foncaient dans les yeux ainsi que les haies d’honneurs formees par les enormes crapeaux du bord de la route. 

Mais tout de meme. Ne soyez pas si tatillons. La position amazonienne a ses avantages : on profite mieux du paysage. En noutre, quand on fait un aller-retour, le panorama est complet. 

Que demander de plus? Ce matin, on m’a donne la becquee comme a un oisillon! En effet, ayant pris de l’assurance, je me suis decidee en ce beau jour a aider pour la cuisson des Chapati (les eternelles galettes). 

J’avais procede a une observation attentive et minutieuse des gestes a effectuer pendant le debut de la semaine, et, a mon tour, armee d’une espece de pince, je ne m’en sortais pas trop mal, par ma barbe! Mais, la fougue m’emportant dans son tourbillon d’inattention, je me suis soudain servie de ma main comme pince pour remettre sur le feu le plat en fer ultra-brulant.. aie, oui. Aie. 

Une main en moins! La droite, naturellement. C’est plus rigolo pour ecrire. Elle fut enduite de dentifrice (ben oui, c’est ca qu’ils utilisent ici pour stopper les brulures) et plongee dans l’eau fraiche pendant plus d’une heure. 

Mais aie quand meme des que je sortais de l’eau le doigt le plus touche. ..J’ai donc realise ce matin qu’en effet, le principe comme quoi on ne mange pas de la main gauche est irrefutable : la main droite plongee dans l’eau, il me restait tout de meme la gauche! 

Mais pour manger, ce n’est pas acceptable : c’est du coup la maman (Mira) qui m’a donne a mange a la petite cuillere, comme un nourrisson! J’etais zhilare. Ca faisait longtemps que ca ne m’etait pas arrive…! 

Oh! au fait! j’ai vu mon premier elephant mercredi! (le 7 oct). d’accord, j’etais seulement en voiture et on l’a juste double. Mais tout de meme! c’est pas banal! Une question subsiste. s’ils ne les mangent pas, mais que font-ils alors de toutes ces vaches??


PANI

Désolée pour la mise en page illisible qui s'installe d'office pour le 1er message..
Débutante sans connexion, je fais de mon mieux!

Mais je suis deja ravie d'avoir réussi a ajouter 4 photos, je commençais a ne plus y croire..

il faut savoir que chaque chargement prend au moins une demi-heure.
Petite présentation de PANI .
Acronyme de People’s Action for National Intégration, le mot pani signifie 'eau’.

C’est une ONG locale qui travaille uniquement dans la région de l’Uttar Pradesh (et ce n’est pas rien! a elle seule, la région est plus grande que la France et bien plus peuplee, puisqu’elle arrive au 5eme rang mondial..).

Leur devise est Action For Sustainable Smile on Deprived Faces, objectif que je trouve tout-a-fait beau. (on pourrait essayer de le traduire par L’action pour un sourire durable sur le visage des dépourvus).

L’aire dans laquelle je vais travailler est le Child développement; mais PANI travaille aussi dans le domaine de la sante (problématique du SIDA), du bien-etre economique et social, etc. Je devrais normalement avoir l'opportunité de visiter d’autres centres de PANI dans la région pendant l’annee. glop!



La vue depuis le toit de PANI :


oui, c'est la campagne!

lundi 5 octobre 2009

Pour commencer..


Puisqu'il faut commencer quelque part, commencons.. par un avion. C'est bien, ca fait depart, commencement, et voyage. C’est visuel.. c’est urbain en somme! La photo (que je vais essayer de telecharger si la connexion internet est d’accord) a ete prise au moment de la traversee de la Manche, durant mon premier vol, Nice-Londres. Naturellement, je ne me suis pas arretee en si bon chemin et ai profite d'etre a l'aeroport de Londres pour recuperer au plus tot mon 2eme vol vers New Delhi, ou, arrivee a 6h20 du matin, j'ai passe la journee a m'endormir sur mes sacs jusqu'a avoir la joie de m'envoler une nouvelle fois, jusqu'a la ville de Lucknow cette fois-ci, capitale de l'Uttar Pradesh.
{ je tiens a prononcer des aujourd’hui mes plus aplaties excuses quant a l’absence d’accents dans mes recits, due, vous vous en douterez, au clavier qwerty.

Ayant traverse l’impressionant couloir de tetes (et d’yeux) de la sortie de l’aeroport et retrouve Prakash grace a un astucieux panneau a mon nom, j’ai ete formidablement recue par lui, qui est mon interlocuteur depuis le depart, et sa famille. Ils m’ont accueillie chez eux -pour une nuit- avec un collier de veritables fleurs, ce qui m’a passablement plu! Mais ma destination finale n’etait toujours pas atteinte, et le lendemain, nous quittames Lucknow afin de nous rendre a Dhirendrapuri ou je me trouve maintenant.
[J’en profite tout de suite pour vous donner l’adresse: Dhirendrapuri, PO (Post Office) : Chachikpur, via Goshainganj, Distt : Ambedkarnagar – 244 141, Uttar Pradesh, INDIA.]
(s'il vous venait l'idee saugrenue de m'envoyer quelque chose (du PQ par exemple, dont je manque cruellement!), n'oubliez pas de mentioner PANI sur l'enveloppe, ac mon nom!)

Dhirendrapuri, ou Chachikpur, est un petit village recule de l’Inde du nord. Moi qui suis en permanence a la recherche de je ne sais quel asolu au bout du monde, il me semble qu’avec ce village j’ai trouve a peu pres l’exact oppose de tout ce que l’on connait en France (et encore plus particulierement a Aix). Tout y est different!

-les gens et leurs habits;
des gens nombreux (mais pas autant que ce que je pensais, gardons toudmeme en tete qu’on est ici dans un village), tres souvent a velo, parfois vraiment tres beaux (certains visages sont particulierement fins), colores, (surout les femmes avec leurs saris).. Pour etre plus ‘decente’ je suis d’ailleurs partie ce matin en expedition au marche de Goshainganj, acheter des vetements aussi colores qu’eux (vous imaginez mon emoi permanent devant tant de couleurs! Du rouge! Du jaune! Du vert! du bleu! Du rose! Si vifs!..), mais surtout amples et avec des manches qui arrivent au moins au milieu du bras (soit un quart de bras en partant de l’epaule). (divise par la racine carree de son inverse.. ca donne 4. Ou presque.) Il m’a semble plaisant de noter que la position accroupie est adoptee par un grand nombre de gens, avec souvent un bras tendu en repos sur le genou.. Position incongrue s’il en est pour l’observateur occidentalise de la tete aux pieds!



-la conduite;
on aurait pu s’en douter venant d’une ancienne colonie Britannique, mais il a fallu que je le voie sur place pour realiser qu’ici, on roule a gauche. En fait, pour etre exacte, les principales modalites de la conduite sont le klaxon et le slalom. Le premier sert a tout, a peu pres comme au Perou* : c’est avant tout un moyen de communication. On s’en sert pour prevenir de notre arrivee, pour dire ‘pousse-toi sur la gauche s’il te plait je vais te doubler’, ‘attention les enfants j’arrive a toute allure’, ‘mais c’est quoi ce c.. qui me double par la gauche’, etc. La plupart des camions ont meme inscrit sur leur derriere (exhibitionnistes!) “Horn please”, ou “Blow horn”, soit ‘Klaxonnez s’il vous plait’ afin d’avoir conscience du fait qu’on est la. La deuxieme option, le slalom, sert a eviter ceux que le klaxon n’a pas convaincu!


- La nourriture;
similairement au Perou* il y a ici un ingredient omnipresent. Ce n’est pas le riz, en Inde, que l’on retrouve automatiquement a chaque repas, meme s’il occupe tres honorablement la deuxieme position, mais le chapati, une sorte de pain plat ou galette qui accompagne tous les plats, que ce soient les legumes, la soupe ou la viande (plutot du poisson), voire les trois a la fois. En fait, l’assiette est divisee en plusieurs parties : d’un cote, les chapati et le riz, puis dans chaque compartiment, les differentes sauces, purees ou viandes que l’on attrape avec un morceau de chapati en guise de couvert. Je fais bien attention –sur un conseil avise- a ne manger qu’avec la main droite depuis mon arrivee, car la main gauche qui tient lieu de papier toilette est consideree comme impure. Pourtant, j’ai cru remarquer que tous ici n’avaient pas l’air d’y preter une grande attention. Cela depend peut-etre des regions.



-le langage ;
moi qui redoutais de m’encrouter dans le confort de l’anglais et de ne pas m’investir assez dans l’apprentissage de l’Hindi, j’ai tres vite vu mes craintes se dissiper du fait qu’en gros, personne ne parle vraiment anglais ici! (la plupart compte meme sur moi pour en acquerir un peu, c’est vous dire!). Et lorsque je trouve un interlocuteur anglophone, j’ai parfois du mal a discerner l’anglais de l’hindi dans ce qu’il me raconte.. C’est embetant! Mais, certainement, mes progres en hindi vont etre plus rapides que prevu.. Je vais continuer la lecture de mon Teach Yourself Hindi qui est –me semble-t-il – fichtrement bien fichu, en parallele des laborieuses conversations que j’entretiens. (Ces conversations se resument, la plupart du temps, a une question de la part de quelqu’un, et une reponse affirmative (ha) ou negative (nahi) de ma part, sachant qu’en outre (la loutre), je persiste a hocher betement la tete pour dire oui au lieu d’onduler harmonieusement de gauche a droite comme il se fait ici.)




-Le climat :
on est bel et bien dans une region sub tropicale humide, ce qui veut dire que la chaleur est non seulement assez forte, mais qu’en plus elle colle au corps a cause de la lourdeur/moiteur de l’air, et les habits ‘decents’ n’arrangent rien. (Je retrouve en fait a peu pres le climat de la jungle peruvienne..*)
-La perception et l’utilisation du temps :
arrivee un samedi soir, j’ai eu l’intense plaisir de me faire reveiller a 6h45 le dimanche matin.. On m’a servi un chai, le the au lait national que l’on peut se faire servir a toute heure de la journee –en guise de bienvenue- (pour l’heure, mon record est de 4 en un jour), puis, n’ayant en fait rien a faire ni particulierement fini ma nuit, je suis remontee m’allonger. C’est a 10h que l’on m’a de nouveau reveillee pour me proposer un lunch..
Apres ce dejeuner, nous nous dirigeames tranquilement vers le bureau de PANI, a environ 1km de la maison ou je suis hebergee, ou se tint une reunion lorsque tout le monde fut arrive.


.. Pour resumer, j’ai passé la journee a rencontrer des groupes (l’equipe de PANI, les groupes d’adolescents et d’enfants avec lesquels ils travaillent, une famille dont le fils, qui etait parraine, est recemment decede, etc), et a leur repeter ma phrase du jour : mera nam Anaelle hai. Avec un gros effort de deduction vous serez peut-etre en mesure de comprendre ce qu’elle signifie!

Aujourd’hui, lundi, c’est leur jour de repos (ce qui ne m’a pas fait echapper au reveil a 7heures), mais certains sont tout de meme partis pour Lucknow pour 3 jours.. Pas evident a expliquer, mais j’ai l’impression que le temps est extensible ici.. Il n’est jamais trop tot ou trop tard pour faire quelque chose, il est possible de se decider a tout moment ou encore de passer la journee allonge sous un grand ventilateur de plafond.


-La notion de famille et ce qu’elle implique ;
par exemple, toutes les generations vivent sous le meme toit, et les meres, grand-meres et belles-soeurs s’occupent ensemble de l’intendance et des enfants. Par contre, les repas ne sont pas pris en commun : depuis mon arrivee, j’ai toujours mange seule. Ou plutot, j’ai ete accompagnee a chaque repas, par quelqu’un qui me regardait! Pas de grand repas de famille donc.

Dans tous les cas, toutes ces pertinentes analyses ne doivent pas etres considerees comme particulierement fiables, elle ne sont qu’un grossier etalage des impressions que j’ai recueillies depuis les 3 jours que je suis arrivee en Inde! (en meme temps, qu’est-ce qu’un blog si ce n’est un deballage autocomplaisant de sa propre qualite intellectuelle?!)

Bref. Sur ces premiers mots, je crois pouvoir me retirer en toute impunite, jusqu’au prochain deballage. (en esperant que debalage ne prenne pas qu’un L). Namaste! (pratique les bonjours qui sont egalement des au revoir..) *Promis, je vais essayer de ne pas tout comparer au Perou, ni de l’evoquer toutes les 3 minutes. Essayer.