Août, Luxembourg.
L'Inde est déjà bien loin. Elle est repartie à l'Autre bout du monde...
Dans son lointain 'ailleurs'.
De retour en Occident, je suis. En plein cœur de l'Union Européenne. De retour là où le climat est tempéré (je dirais même frais!), et où les piétons attendent le vert pour traverser. Là où les machines sont partout et nous tiennent à leur botte, et nous plantent toujours au moment qu'il ne faut pas en nous laissant plein de désarroi; là où il nous faut être à l'heure, prendre rendez-vous, marcher vite, signer des papiers, nous inscrire,adhérer, s'enregistrer, téléphoner, avoir un emploi du temps..
Shorts, jupes courtes et t-shirts 'sans manche' ont joyeusement retrouvé ma peau, laissant des parties de mes jambes ou de mes épaules si indécemment découvertes que personne ne le remarque.
En revanche, aucun petit stand de bois ne m'attend à chaque coin de rue pour réparer mes chaussures, vendre du thé ou regonfler mon vélo.. C'est embêtant quand on n'a pas de pompe!
La politique française et ses petites copines, elles, toujours aussi vomissatoires (si vous connaissez un équivalent de 'gerbantes'..), avec une tendance à l'empirement perpétuel, [j'ai vérifié, "empirement" existe, il a été employé au 12è siècle!], je tente de les laisser aux oubliettes sans vraiment y parvenir. No comment.
Moi, de toutes façons, à présent je suis passée aux choses sérieuses, revenue à ce qui est essentiel, la raison de vivre de tout un chacun, le fondement de la société : l'argent.
Rien de tel!
Alors je travaille. Souriante employée d'un restaurant de la Schueberfouer de Luxembourg, je sers des merlans frits. Je sers le merlan (dans son assiette d'un kilo quatre cent), je sens le merlan, je pense au merlan, je rêve du merlan.. Et comme il est accompagné de frites, mon quotidien est une longue succession de fritures.
Je n'aurais jamais cru que ce fût si dur! ça avait l'air innocent, comme ça, 'serveuse dans un restaurant de foire'.. Eh bien pardi! Pression, stress, rapidité, efficacité, patience, mal aux pieds, doigts brûlés, assiettes tombées, travail de la mémoire (sans frites, avec salade de chou, mais pas de mayonnaise) (pour moi la même chose mais avec frites, sans vinaigrette et de la moutarde).. ça n'arrête pas! Et à la fin de la journée, on compte les billets (des liasses comme je n'en ai jamais vues), puis on doit encore tout ranger et nettoyer, sans oublier de faire ça vite pour pouvoir aller s'écrouler sur le canapé de la maison!
Intense, mais pas déplaisant.
Et voilà, l'Inde s'est faite avoir, elle a perdu le monopole inconditionnel du blog: voilà que, après tergiversations, j'y glisse du non-indien, et même du quotidien. Ah, beurk!
Mais c'était plus fort que moi! Je ne voulais pas!
Advienne que pourra pour la suite..
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