dimanche 4 décembre 2016

Salvador da Bahia

SALVADOR
8 au 11 novembre 216

A une nuit de bus au sud de Recife, Salvador de Bahia est une jolie ville qui mêle cultures afro et sudaméricaine.



Le centre-ville, o Pelourinho, perché sur une butte, est tout en gros pavés et en façades coloniales et abrite un nombre incalculable de vieilles églises. Pour passer la falaise qui sépare le centre et le bord de mer juste en dessous, on emprunte un très grand ascenseur public, "Elevador Lacerda", datant du 19e siècle.



Fait rigolo, à Salvador la mer (oui, bon, l'océan) se situe à l'ouest de la ville. Étonnant pour une ville de la côte atlantique ! C'est dû au fait que la baie (bahia) rentre beaucoup dans les terres à ce niveau-là ; c'est mieux de le savoir avant pour se repérer sans se faire avoir !



Au nord de la ville : la célébrissime église do Senhor do Bonfim qui est un haut lieu de pèlerinage. Dans l'aile droite de l'église, la salle des miracles, ou du moins la salle où les croyants réclament des miracles. Pour expliquer à dieu (ou à Jésus, j'ai jamais trop compris la différence) ce qu'ils demandent précisément, ils accompagnent leur requête d'une photo de personne (c'est ce fils-là que je voudrais que tu guérisses steup) ou d'une représentation de partie du corps (c'est cette jambe-là que j'aimerais que tu soignes plize). Du coup le plafond est submergé de morceaux de mannequins, et les pieds, les mains, les intestins qui pendent au-dessus des têtes donnent la curieuse impression à qui n'est pas au courant de pénétrer dans la salle des trophées d'un serial killer psychopathe.
Marrant !


Les vrais fans, souvent des groupies de plus de 40 ans, se reconnaissent à leur tshirt customisé avec une reproduction de l'image de l'église dessus. Ça, c'est être dans la place !



Presque aussi cool que d'aller à un concert de Frankie Vincent avec une salade de fruits de la passion.

Si vous avez un doute sur la célébrité de cette église, détrompez-vous de ce pas : même Vous, vous la connaissez, (oui même toi le cancre au fond) c'est juste que vous ne le savez pas encore : c'est d'elle que le monde entier ramène des petits bracelets en tissu aux couleurs vives si typiques du Brésil avec l'inscription « lembrança do Senhor do Bonfim », qu'on attache avec 3 nœuds qui doivent permettre à un vœu d'être réalisé le jour où ils se détachent.

On peut aussi les attacher et les laisser à un endroit spécifique, pour ça je n'ai pas eu le commentaire de texte donc je ne sais pas comment les gens s'arrangent avec leur vœu mais en tout cas la grille d'entrée de l'église est saturée de petits bracelets qui flottent dans le vent tels des algues ballottées par les vagues sous-marines, c'est muito bonito.



Vous voyez ? Je vous l'avais bien dit ! I knew it ! I mean, you knew it !


Au nord de la ville il y a aussi la Feira São Joaquim, un grand marché à peu près couvert qui n'a rien à envier au mercado modelo de Piura (Pérou). On y trouve tous produits très classiques des marchés d'amérique du sud : fruits, légumes, habits, viande, habits et chaussures pas chers, CDs piratés, un peu d'artisanat local...

Il y a aussi des produits plus spécifiques à la région : 3872,43 types de haricots différents (feijão, qui avec le riz est l'élément incontournable de tout repas brésilien), des monticules himalayesques de crevettes de différentes sortes, des rechanges de lanières de tongs, des tirelires cochon en terre cuite ou encore de quoi faire des décoctions et des fétiches voodoo de la religion candomblé.
[Arrivé d’Afrique durant le colonialisme, le candomblé, mélange de diverses influences spirituelles, était pratiqué par les esclaves comme un instrument de lutte contre la domination et l’exploitation des blancs sur les noirs. Là d'où je tiens cette jolie phrase...]

Comme d'hab, il y a toujours un moment où mes déambulations parmi les mini ruelles encombrées du marché m'obligent à traverser le quartier de la viande et à profiter de la vue (mais surtout de l'odeur) de ces animaux entiers écorchés qui pendent à des crochets. Chouette.




Du côté sud, il y a Barra, le quartier des plages, très tranquille et plein d'hostels et pousadas (auberges), avec un vieux fort et un phare (Farol).


Il me semble me souvenir que Salvador est le lieu de débarquement des premiers colons portugais sur le continent (ouais, c'était un mardi et il faisait nuageux je crois). D'ailleurs la ville a été capitale du pays pendant un certain temps. Tout comme Rio et maintenant Brasilia - j'ai jamais vu un pays qui change de capitale aussi facilement qu'on change de pantalon de ski !


J'ai eu une chance insolente lors de mon passage à Salvador. Le mardi soir de mon arrivée, dans les rues du centre-ville où je me promenais, je suis tombée par hasard sur Olodum, le groupe de percussions de carnaval (« bloco ») le plus réputé du pays, qui n'avait pas joué dans les rues de la ville depuis 6 ans d'après ce qu'on m'a dit. C'était littéralement énorme ! Environ 50 personnes vêtues de jaune qui donnent tout sur des rythmes trépidants tout en dansant et en envoyant leurs baguettes en l'air entre deux coups de percu. J'étais placée derrière les grosses caisses (ceux qui font les basses), ça dépote. Et il vaut mieux être vigilant quand la foule nous pousse un peu trop vers l'avant pour ne pas se prendre un coup involontaire mais non moins puissant de ces gros gaillards !


La banane sur le baba au rhum : Olodum accompagne Maïkeul Djackson dans la chanson "They don't care about us", on voit bien le groupe et des bouts de la ville dans le clip :

https://www.youtube.com/watch?v=QNJL6nfu__Q


vendredi 11 novembre 2016

Recife

RECIFE - 2 au 8 novembre

Le quartier où je suis accueillie s'appelle Boa Viagem (bon voyage).
Où mieux commencer mon séjour?

Tout de suite, ce qui m'impressionne à Recife, c'est la hauteur des bâtiments. On dirait que la norme minimale, c'est quinze étages! D'après ce qu'on m'a dit, la plupart des villes brésiliennes sont construites comme ça, donc je vais devoir m'habituer.
Les tours de 20 étages, c'est banal. Un immense immeuble peut être soit une tour de luxe, soit une barre HLM, finalement ce n'est pas la forme ou la capacité du bâtiment qui détermine ça mais plutôt sa localisation et les services inclus..
Je n'ai pas pu m'empêcher de frissonner à l'idée d'une coupure de courant qui rendrait hors service l'ascenseur. Monter 12 étages dans le noir, ça ce serait de l'expérience de voyage!



Le centre-ville historique, en revanche, "Recife antiguo", est beaucoup plus bas et beaucoup plus similaire aux villes péruviennes que j'ai visitées jadis et naguère. On y trouve des places, des petites rues pavées, des façades colorées avec un degré de décrépitude variable, la plus ancienne synagogue du continent sudaméricain, des arbres tordus retenus par des barres métalliques bleues, un mini théâtre tout mignon et beaucoup de jolis graffitis.





Je fais une entrée royale dans la ville, j'arrive en barque! Juste en face de la praça Marco Zero, qui est la place principale / référence de Recife antiguo, de l'autre côté de l'eau, il y a une digue (reliée au sud de la ville, où se trouve Boa Viagem). Une loooongue digue au bout de laquelle se trouve un Parc de sculptures qui réunit plusieurs oeuvres d'un certain Francisco Brennand.
C'est original de commencer par là! Et puis définitivement, les traversées en bateau, il n'y a pas plus "vacances".


Du côté de la gare routière Cais Sta Rita, où le bus de Boa Viagem a son terminus, il y a un marché artisanal (São José) qui me rappelle beaucoup beaucoup celui de Piura avec ses charrettes de fruits et ses rues défoncées à l'extérieur, ses mini buvettes au milieu du passage, ses petites échoppes débordantes de produits à l'intérieur de la grande halle, de la musique qui pique les oreilles parce qu'elle est trop fort, trop nulle ou diffusée sur des postes de trop mauvaise qualité, et toujours cette odeur d'animal mort qui émane des stands de viande.
J'adore!
Je me le garde sous le coude pour les achats souvenir de fin de voyage.. puisque je repasse à Recife en fin de mois pour le vol de retour.



A propos de bus.

O Ônibus.

Les quartiers sont desservis par des grands bus qui foncent sur les avenues (qu'il y ait ou non un dos d'âne glisse sur l'indifférence du blanc chauffeur! L'autre soir j'avais l'impression d'être dans un manège de montagnes russes, assise à l'arrière là où les amortisseurs s'en donnent à cœur joie, lors d'un saut imprévu mon postérieur a décollé d'au moins 20cm !). Les habitants connaissent à peu près la fréquence de passage, mais il n'y a pas d'horaire fixe. Pour ne pas le rater, il faut être en forme! L'oeil de l'aigle aux aguets pour repérer son arrivée, le bras prêt à s'agiter de façon visible, le sang froid même si le mastodonte nous fonce dessus et les jambes trépignantes pour se précipiter sur la porte dès qu'il s'est arrêté.Et si un bus est déjà arrêté devant l'arrêt, ne croyez pas que le suivant va attendre patiemment derrière pour vérifier si des passagers veulent monter, non non ! Il faut aller le chercher derrière avant qu'il ne file, façon « un train peut en cacher un autre ». Système intéressant, il y a dans chaque bus un chauffeur qui ne s'occupe que de conduire et une autre personne qui s'occupe de faire payer les tickets – une fois qu'on a payé, on peut passer le petit tourniquet qui bloque l'accès et aller s'assoeir. Parfois, un chauffeur bien disposé peut ouvrir la porte du milieu ou la porte arrière pour y faire monter des gens dans le besoin sans payer (vendeurs ambulants par exemple..). La dernière fois c'était encore plus drôle, il a annoncé « que ceux qui aiment le reggae montent par l'arrière ! »
Un ticket de bus à Recife coûte entre 2,50 et 3 reais, ce qui revient à un peu moins d'un euro.
Pour nous, gringos en vacances, c'est pas grand chose, mais pour les habitants je trouve ça plutôt énorme..
En fait, pas mal de produits coûtent la même chose qu'en France - un café c'est 5 reais (1,50€) , un litre d'essence env 3R$ (1€) une coxinha (sorte de beignet en forme de goutte généralement fourré au poulet) ou un pastel (chausson salé fourré au fromage, poulet, jambon..) entre 3 et 5R$..

Sauf que les salaires, eux, ne sont pas au niveau du smic français ! D'après mon guide, le minimum légal est de 600 et quelques reais. .. donc 200€. Un salaire de classe moyenne (prof de langue dans une école privée) se situe entre 1500 et 2000 reais (500 à 700€)
ça laisse pantois !


Je n'ose même pas estimer le coût de la vie pour les classes moins favorisées (travailleurs pauvres, pauvres sans travail..)..


Heureusement, pour le bien de tous, le nouveau président néolibéral Michel Temer a pour intention de redresser son pays en éliminant toutes les dépenses inutiles (éducation, santé, projets sociaux..), bref toutes les mesures visant à éliminer la pauvreté et à réduire les inégalités mises en place par les vilains dépensiers des gouvernements précédents (travaillistes Lula puis Dilma Roussef).
A cet effet, il vient de faire passer une loi d'austérité qui gèle les dépenses publiques pour 20 ans.
Merci Mich Mich !

Enfin bref, en ce moment d'un point de vue politico-socialo-économique, le Brésil, c'est l'éclate.
J'ai pas encore eu trop de débats approfondis sur le sujet, mais une chose est sûre pour tout le monde, en ce moment, c'est la merde.




Voilà pour les bus..

Autre phénomène que j'ai remarqué, c'est la tendance au paternalisme des Brésilien(ne)s envers moi. Est-ce parce que je suis étrangère (et que ça se voit), non habituée au contexte, pas encore complètement au point sur la langue du pays et donc plus vulnérable aux personnes malveillantes ? Est-ce parce que je ne suis qu'une faible jeune fille qui voyage seule et qu'il faut aider à affronter tous les dangers auxquels elle est ainsi exposée? Toujours zétil que j'ai eu l'occasion d'être mise en garde un paquet de fois (notamment sur le fait de faire attention à mes affaires) mais aussi copieusement félicitée pour mon exploit d'avoir pris le bus toute seule pour traverser la ville.. Ce qui m'a doucement fait marrer.
Mais bon, ça va, ce n'est pas un paternalisme intrusif et oppressant comme ça pouvait l'être en Inde, c'est plus de la bienveillance attentive, c'est supportab'.

S'il y a bien une chose qui est agréab' ici, c'est justement ça : on ne te fait pas chier !
D'un point de vue sociétal, je veux dire, a priori il semblerait qu'il est acquis que ton voisin n'a pas à imposer son opinion sur ce que tu es, ce que tu penses ou ce que tu fais. Bon, je vais peut-être un peu vite en besogne, je tire sûrement un peu la conclusion avant les bœufs, je charrie probablement midi à quatorze heure parce que le contraste avec l'Inde me donne envie d'y voir un fonctionnement opposé. En vérité, je me doute bien qu'il existe des mécanismes de pression sociale ; notamment avec le christianisme encore bien implanté il doit aussi y avoir tout un tas de règles morales implicites que la société n'aime pas voir enfreindre.

Mais n'empêche qu'à première vue, les individus sont libres de se comporter comme ils le souhaitent. S'embrasser dans la rue par exemple... hétéros ou homos sans distinction ! On dirait que « la société » est plutôt détendue du slip sur la question..
S'il y a bien une chose qu'il me fait plaisir de voir, c'est la liberté avec laquelle la plupart des femmes / jeunes filles se vêtissent d'échantillons de tissus sans que ça ne dérange qui que ce soit !
Alors un cri de joie s'empare de moi : vive le poum-poum short ! Tous ensemble : oui au poum-poum short !


Mes hôtes :

Avec ce voyage je renoue avec Couchsurfing que je n'avais pas pratiqué depuis longtemps. C'est chouette. Le concept est toujours aussi bon.

J'atterris dans une coloc de 2 jeunes, l'un thésard (et prof) en économie, l'autre qui travaille en entreprise et se lève à 5h tous les matins pour aller bosser. Ils sont plutôt sympa et aiment le futebol. Fait rigolo, l'un se fait blanchir les dents (mais pourquoi ? Demandé-je. Because it looks good répondit-il semi-ironiquement). En tout cas il est suffisamment gentil pour venir me chercher à l'aéroport, me faire visiter la plage et goûter les spécialités locales (la fameuse coxinha). Quand il parle de moi en disant Gringa, je lui fais remarquer que de mon point de vue, c'est un chouïa péjoratif et que j'aimerais mieux qu'il m'appelle autrement. Alors derechef il décrète qu'il m'appellera « Madame », en français dans le texte, ce qu'il fera effectivement pendant tout mon séjour, me faisant sentir encore plus ridicule. Heureusement comme on dit, le ridicule ne tue pas, j'aurais été dans la merde !




Dès notre première conversation, je comprends qu'on n'est pas très en phase au niveau des théories économiques, d'ailleurs je le sens réticent à me donner son opinion en la matière parce qu'il sait qu'avec mon profil typique de voyageuse en sakadô qui travaille dans le secteur culturel de je risque de penser l'opposé. Eh bien il a tout juste! Il ne veut pas se mettre dans une case théorique mais il me dit qu'à ses yeux, l'Etat doit intervenir le moins possible dans tout ce qui est financier et ne doit pas avoir de « politique d'assistance », ce que je traduis par politique sociale. Donc en résumé, les taxes et les impôts, le contrôle des banques, les investissements publics dans la santé et l'éducation ou encore la culture, c'est pas trop son truc. Ah bah oui, c'est bien ça, je pense l'opposé.

Le second coloc, lui, m'a sidérée.
Il « ne croit pas » au réchauffement climatique.

Ses arguments :
Ca n'a pas été prouvé, et puis de toutes façon c'est encore une stratégie des industriels pour vendre plus de produits. Oui, parce que cette année, ils vendent tel produit réputé pour ses qualités non polluantes, mais l'année prochaine, ce même produit aura été remplacé par un autre encore plus performant dans la non – pollution !
En fait, qu'à son âge (à peine la trentaine) il puisse tenir ce discours-là, ça me troue tellement le cul (ah bah oui c'est radical) que j'en reste baba. Et du coup j'ai beaucoup de mal à développer mon point de vue à moi en réponse pour ne pas le laisser là-dessus.
Je suis tellement estomaquée qu'il m'est impossible de formuler que le réchauffement climatique et la pollution généralisée de la planète, la déforestation, l'appauvrissement des sols, la disparition d'espèces animales et végétales, la montée des eaux, la fonte des glaces,(.....) ne sont pas des croyances, mais sont des faits bien concrets et qu'on a intérêt à se remuer le popotin pour arranger ça avant que tout soit foutu.
Mais il faut dire aussi qu'il est 5h du matin quand il me déballe ça et qu'avec mon degré de fatigue (en alcoolémie j'étais plutôt correcte, si si!) et mon manque de maîtrise du portugais j'ai eu du mal à aller plus loin que « toi si t'étais américain, tu voterais Trump »...

Incroyable. Le monde est vaste.

Pour autant il est très gentil. Il a juste dû grandir à l'école du capitalisme avec des biberons au bon lait vitaminé de consumérisme / American dreamisme / individualisme / et autres connerismes.

Sur les murs de Recife il y a plein de super graffitis.
Comme celui ci-dessus. Et puis d'autres aussi.


Je suis aussi allée à Olinda et à Porto de Galinhas.

Olinda : au nord de Recife, porte bien son nom (lindo = mignon, joli). 
Je ne l'ai vue que de nuit mais cette ville est colorée, animée (plein de concerts), mignonne et touristique.
Je connais deux voyageurs français qui n'arrivent plus à la quitter.



Porto de Galinhas et Maracaipe :
A environ 1h au sud de Recife, avec ses surfers et son corail (si j'ai bien pu repérer les maillots de bains moulants des premiers, je n'ai par contre rien vu du deuxième sous l'eau trouble..)
Très agréable pour mon dernier jour dans le Pernambouc!


C'est touristique comme un bord de plage, avec échoppes de tongs, de glaces et de souvenirs. Mais ça reste mignon. On y trouve aussi des buggy, voitures de tourisme locales..

Ce jour-là j'ai appris un joli mot : mergulhar (scoobidoo-scuba diving) (nager avec un masque)


Pas de Buggy - Woogie, avant la prière du soir (pas de buggy! Pas de buggy woogie!)


Tout au bout de Maracaipe il y a un endroit magnifique où la mangrove rejoint la mer, avec une embouchure de rivière, des palétuviers pleins de troncs, des crabes jaunes, un arbre en forme de trapèze, un bar qui diffuse de la musique douce et un soleil couchant.



Mangrove :
La mangrove est un écosystème qui se développe le long des côtes protégées des zones tropicales et subtropicales. Elle pousse dans un milieu à dépôt salin présentant diverses formes de sols anaérobies. Elle accueille une flore peu diversifiée mais une faune très riche.

(cf le site de l'ONF)


Le Yin et le Yang sont bien alignés avec Jupiter à cet endroit-là.
On connecte avec la nature et on s'y sent bien.



Trapèze naturel :



Après Recife, c'est Salvador de Bahia, à une nuit de bus plus au sud, sur la côte.

samedi 5 novembre 2016

Brasiou - Si tu vas à Rio...

2 novembre 2016

Rien à voir avec la choucroute.
Mais alors rien à voir.
Ca n'est ni l'Inde, ni l'Irlande du nord, et ça ne commence même pas par un I. En plus, je n'y passe qu'un mois, je ne serai donc qu'une banale touriste et non pas (une fois n'est pas coutume) une stagiaire à long terme. Bref, rien à voir. Mais ça me donne envie d'écrire quand même!
Le Brésil.
Depuis longtemps il me trottine dans la tête! Il s'y baladait sans me demander mon avis et moi je bavais d'un jour le voir de mes yeux vu et le parcourir de mes pieds parcouru.
M'y voilà.
Je viens d'atterrir à Rio. Et ce soir je redécolle pour Recife.
 Aussitôt dit, aussitôt fait, j'ai écouté les habiles conseils de mes amis et j'ai profité de mon escale de 10h pour sortir de l'aéroport (dont les sièges ne sont pas excessivement ergonomiques) et partir à la découverte de Copacabana, la célébrissime longue plage de sable blanc au sud de la ville.

C'est marrant Rio, on en a tellement vu d'images (par des films, des reportages, des cartes postales, des plaquettes touristiques...) qu'on a l'impression à l'arrivée de reconnaître ce qu'on a sous les yeux plutôt que de le découvrir.

Façade de magasin "Futebol do Brasil". Je ris du cliché et prends un cliché! 
(oh super la saison des jeux de mots est ouverte...)


Par exemple, voilà un petit tas de flashs visuels que j'ai tout de suite relié aux images inconscientes/fantasmées que j'avais déjà en tête :
Les arbres vert foncé partout qui donnent l'impression de bouffer les bâtiments. Les collines de favelas qu'on distingue depuis la voie rapide qui relie l'aéroport au centre-ville.
Le corcovado qu'on aperçoit au loin (on sait qu'il est loin parce qu'il est tout petit), et le pão de azucar.. Les maillots de bain qui laissent voir un bon 2/3 du postérieur féminin (lequel est généralement plutôt bien gaulé, du moins chez les jeunes).
La foultitude de vendeurs ambulants qui défilent sur la plage, pour vendre aux plagistes des chapeaux, des bijoux, de la bière, de l'eau fraîche, de la limonade, des chips, des maillots de bain, des crevettes (camarões), des cacahuètes, de la crème solaire, des paréos (évidemment!), des caipirinhas préparées sur un petit stand à l'arrière de la plage.. Et d'autres produits non identifiés.

J'ai eu de la chance, je suis tombée sur un jour férié à mon arrivée : le 2 novembre, fête des morts. Du coup la ville était au repos, le trafic beaucoup moins dense, et tous les habitants du coin à la plage!

J'aurai l'occasion de plus m'imprégner de Rio à mon prochain passage dans environ 15 jours.
En passant, j'ai déjà remarqué un clivage assez net entre zone nord et et zone sur de la ville.

Au nord :
l'aéroport, des voies rapides, des friches , des bâtiments abandonnés, une gare routière qui ressemble à une embuscade, des poteaux électriques chaotiques, des habitations bancales enchevêtrées en bord d'autoroute et au fond, des collines de favelas.. Ca évoque un peu Marseille entre Bougainville et les Arnavaux, mais avec moins de béton!



Au sud, après avoir traversé le tunnel :
Des grandes avenues, des longues plages de sable, des parcs pour enfants, un lagon, des hôtels de luxe en bord de mer avec personnel qui ouvre la portière de votre voiture pour vous..
Mais quand même aussi une pointe de bordel qui fait que le quartier n'a pas l'atmosphère oppressante à laquelle on pourrait s'attendre.


Bref, voilà les impressions de mes 10 premières heures sur le sol brésilien!
Le soir même, j'atterris à Recife.