Voilà donc juin, qui pointe son nez. Un long nez, il a 3 jours.
Ca sent la fin des haricots, de loin en loin on voit s’approcher la fin du séjour – mais surtout, et d’abord, les vacances !
L’heure des bilans, des récapitulations ? Non, pas encore.
L’heure de continuer tranquillement avec la routine locale, de chercher à trouver ce qui n’a pas encore été vu ou fait, de se laisser flotter dans la moiteur, de savourer ces vols d’aras qu’on ne verra bientôt plus, et de se laisser surprendre, encore, à l’occasion.
Surprise..
Par exemple, par cette bourrasque impressionnante d’il y a quelques jours.
Un vent chaud souffle parfois la journée, transformé en quelque chose d’agréablement ‘frais’ la nuit ; mais parfois aussi la totalité du ciel et de la terre se retranche dans son immobilité brûlante, en retenant son souffle : ça donne des journées comme celle d’aujourd’hui, pas d’air et beaucoup de dégoulinage.
L’autre jour nonobstant appartenait à la catégorie des Ventus. D’ailleurs, en passant, la difficulté du pédalage à vélo est particulièrement haut placée quand le vent s’en mêle et s’amuse à nous faire front alors qu’il serait si simple de nous encourager en nous poussant par derrière..
Au moment où je me décidais à abandonner le bureau jusqu’au lendemain matin, clés en main, tongs aux pieds, je me dirige vers mon cycle.. Puis me ravise.
Tonnerre de Brest ! Quelles rafales ! L’apocalypse avait soudain éclaté là-dehors. Le pauvre bicycle s’est fait plaquer au sol en moins de deux, tandis que les grandes feuilles sèches venaient frapper violemment tout ce qu’elles trouvaient sur leur route. Comme une espèce de mini tornade, les arbres donnant l’impression qu’ils voulaient partir avec le vent, et surtout des vagues de poussière qui rajoutaient une touche chaotique à la scène. Les habits arrachés, ou flottant à l’horizontale à partir de leur point d’attache, on ne voyait plus que la force dingue et l’énergie de la nature. (Ah, mère Nature !). On aurait voulu se plonger dans cette folie, être une particule d’énergie dissolue, l’un de ces grains de poussière qui forme un voile mouvant autour de tout ce qu’on regarde.
C’est violent, c’est fort. Et c’est fini en 10 minutes.
Alors, après cette petite transe aérienne, je relève mon vélo et l’enfourche pour rentrer à la maison.
En sifflotant.
Outrepassant Chronos le mangeur d’enfants et remontant encore dans le temps, je puis vous faire part d’une joie précédente, quelques jours plus tôt.
Cette fois-là, tiens, diantre, on est délogé à l’aube de notre terrasse endormie par l’orage qui commence. Quelques gouttes, on plie bagages immédiatement et se réfugie à l’intérieur avant les trombes (de phallope).
Ce n’est pas encore la mousson, et en ce moment tout est sec, mais apparemment parfois quelques gros nuages foncés brisent la saison sèche par un orage subit. Ce matin-là, en tout cas, ils étaient présents, les nuages, et actifs. Une bonne averse. Mais, digne de son nom, l’averse n’a pas perduré, et au moment de partir au bureau, la voie était libre –ça avait même déjà commencé à sécher.
C’est ce jour-là que j’ai découvert le vrai village de Chachikpur. Incroyable ! Le sol était donc rouge, avec ces briques alignées ? Et ces plantes, d’un vert pâle qui contraste avec le jaune clair du tas de paille d’à côté.. ! Dans le champs, à gauche, autant de verts différents ? Et ces troncs d’arbres, si marron ? Tout semblait propre, renouvelé. La pluie avait lavé le paysage de sa couche de poussière perpétuelle et invisible : c’était comme si les couleurs s’étaient soudain mises d’accord pour s’étaler partout et dévoiler toutes leurs nuances, après des mois d’abstention.. C’était doux.
Ouhhh.. c'est beau ! Ça fait rêver !
RépondreSupprimerJ'aime bien comment tu écris ce que tu as dans la tête... :-)
Joli pouet ! A très vite. Bisous
RépondreSupprimerJe suis ton blog depuis le début anaëlle !!!! Et c'est un plaisir !! (ouaah, aucune faute d'orthographe !!! merciiiiii !!) ! Profite bien de tes derniers moments sur place, et j'espère qu'on finira par se croiser bientôt... ca fait quand même cinq ans, miladiou !!!!!
RépondreSupprimergros bisoux, et n'oublie pas ....... Babaaaaa !!!
Salomé