Alors que, lors de ma dernière connexion, je m’apprêtais à me plaindre d’une certaine monotonie, d’un début de banalité du quotidien, voilà que le gouli goula en décide autrement et me replonge dans des découvertes et des projets nouveaux.
Il faut dire que j’ai un peu décidé de reprendre les choses en main, aussi. Par exemple, au lieu de suivre mon si banal itinéraire PANI-maison et inversement, je me suis enfin lancée à l’aventure en faisant des petits détours dans les champs avoisinnants.
Certes, j’aurais dû le faire depuis longtemps. Eh bien,.. oui, c’est vrai, que rétorquer à une telle évidence ?
La nouveauté du concept résida dans le fait que je me déplacai cette fois-ci à pieds, en poussant mon vélo. Ca change tout ! Au lieu de voir le paysage défiler aussi vite que je pédale, (pfiou ! super vite), j’eus cette fois-ci le temps de sentir le sol sous mes pieds, de voir les petits détails, de croiser véritablement les gens..
Du coup, en une après-midi, je me suis fait pote avec tout le village !
J’exagère, comme toujours, mais j’ai tout de même eu ce jour-là l’occasion de faire de très jolies rencontres et je m’en réjouis moultement.
Un groupe d’enfants, par exemple, qui cherchait des oeufs de Pâques dans un champs (ils ramassaient des petites pousses), me voyant tourner autour de l’étang de Pooja (Pujah qui n’a pas de h, c’est bien dommage, ca lui allait bien), m’a donné l’occasion de prendre l’une de mes plus belles photos : quand je passai près d’eux, ils vinrent me voir et on a ‘discuté’ un peu (les guillemets viennent rappeler qu’avec moi, ici, toute conversation se résume encore à quelques questions courtes et lentes de mon interlocuteur et à mes réponses, encore plus courtes et lentes).
Puis, tout joyeux qu’ils étaient, contents du passage d’une extraterrestre dans leur environnement, ils m’ont demandé de les prendre en photo. Ils ont formé une petite grappe ravie au bord du champs, et on voit bien sur la photo que ca leur plait beaucoup d’être là et de se faire prendre en photo tous ensemble par une espèce d’étrange étrangère déguingandée!
Même si je n’ai pas pris le temps de peaufiner le cadrage, je trouve cette photo magnifique, autant par son thème (je vous ai bien dit que les Indiens étaient beaux !) que par sa petite histoire..
Ils m’ont ensuite raccompagnée jusqu’à la maison, en continuant de ‘bavarder’.
Glop !Et puis, plus récemment, pour me sentir ‘libre’, j’ai recouru à une méthode bien plus répandue en Occident que la précédente : j’ai enfourché mon vélo, pris mon sac à dos vide, mes jambes, et j’ai emporté le tout quelques 7 km plus loin, à Goshainganj.
Goshain Ganj, c’est le marché le plus proche. J’en ai déjà parlé pour le comparer aux marchés péruviens, à peu près aussi grouillants, bruyants, étonnants et plein de gens.
(Moins oppressant, ici, peut-être. J’étais moins préoccupée par les éventuels risques de vol à l’arrachée, ou par les remarques et sifflements désagréables qui n’ont apparemment cours qu’en Namérique latine.)
Me voilà donc au marché, pimpante et guillerette, une longue liste en main, et, pour une fois, SEULE ! Les quelques rares fois où je m’y étais précédemment rendue, c’était -moins fatigant- en moto ou en voiture, et toujours accompagnée par quelqu’un de bien intentionné qui ne me laissait pas faire 3 pas toute seule sans me demander de rejoindre le véhicule ou LE stand dans lequel tous les achats sont effectués.
En effet, de ce que j’en ai vu jusqu’à présent, il semblerait que le ‘shopping’ n’est pas un passe-temps envisageable pour les Indiens : ils se rendent dans le moins possible de stands différents, (là où ils sont des habitués), et utilisent la voiture ou la moto qui attend juste devant pour rejoindre le stand suivant.
Surtout pas de déambulation nonchalante ! Impossible de ne pas avoir un objectif et une idée d’achat très précise en tête ! Mon sens bien occidental de l’achat comme moyen d’expression de ma liberté en était fort frustré.
C’est maintenant chose réparée. J’ai pu satisfaire à l’envi (et même pas à outrance !) mes désirs de ballade visuelle, tactile et odorante, m’intéressant aléatoirement aux stands qui venaient se placer devant mes yeux, ainsi que mes besoins irrépressivo-compulsifs d’achats (c’est pas à Chachikpur que je peux acheter quoi que ce soit ! À part peut-être le prix d’une réparation de roue de vélo ou un paquet de biscuit dans l’un des mini étalages qui bordent la route..). Pour ne pas désappointer trop les vendeurs, qui n’auraient pas compris que je leur dise que je ne sais pas ce que je veux et que simplement regarder me convient, j’avais prévu une petite liste (Quoi ? Trois paragraphes plus haut c’était une longue liste ! Faudrait savoir !) de bidules et bidouille si typiquement locaux que je voulais acquérir. Effectivement. Quelques heures plus tard, je suis repartie pétaradante sur mon vélo, avec mon sac à dos plein, et mes gambettes un peu moins disposées aux kilomètres qu’à l’aller.En tout cas, ca m’a fait du bien. Je m’attendais à ce qu’on ne me laisse pas faire le trajet seule, même en plein jour (oui, on prend vraiment BIEN soin de moi ici). D’ailleurs, peut-être que j’ai juste bénéficié du fait que Bharat n’était pas là et Mani pas au courant de ma sortie.. !
Bref.
En tout cas, ca m’a remis un peu d’applomb (dans les ailes), redonné un apercu d’indépendance, et il faut que je trouve un troisième élément pour que ma phrase conserve un joli rythme ternaire.
Et puis, forcément, comme j’étais relancée, j’ai appris une autre nouvelle concordant avec mon élan : je vais accompagner le Docteur Ugrasen (qui est mon référent d’un anglais titubant, ici à Chachikpur) et J.Giri, de Faizabad, pour aller finaliser et défendre un projet à l’office de PLAN (partenaire de PANI), a Varanasi !
C’est prévu pour début décembre.
Et ca me réjouit beaucoup.
à souivre..
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