Diantre, que les oreilles indiennes diffèrent des miennes !
D’abord, il y en a des poilues. Dépassant horizontalement de la partie extérieure de l’organe auditif, les poils confèrent à leur possesseur une certaine allure de Savant Fou.
Et puis il y a cette notion de l’harmonie que j’ai du mal à partager.. La prière du matin par exemple, consiste en un long chant d’un quart d’heure, entonné en choeur par tous les présents.
D’une manière générale, pour chanter, l’Indien prend une voix un peu nasale. (Dans le cas des petites filles, c’est franchement nasillard. rien à faire, c’est culturel.)
Lors de la prière, c’est donc une compétition de voix nasales qui se superposent, suivant des tons et des mélodies aussi divers qu’il y a de chanteurs. N’oublions pas que les chansons indiennes sont riches en trémolos qui font changer d’un demi-ton, ou qui font simplement trémoler la mélodie.
Vous imaginez que parfois, le résultat est quelque peu incongru pour l’oreille inexpérimentée..
Ce qui n’empêche pas une certaine harmonie (une harmonie certaine !) de se dégager. Lorsqu’une voix un peu plus forte et juste que les autres mène la danse, ca peut même être très beau.
Toujours est-il qu’après une bonne douzaine d’écoutes de ce chant, même si je commence à le connaître à peu près, il y a toujours des passages dont je n’ai pas réussi à entendre ni comprendre la note attendue.
Par ailleurs, les gens que je côtoie depuis maintenant plus d’un mois (au jour de la redaction) ont une extraordinaire capacité à superposer des sons par dessus les autres. Dans des pièces parfois résonnantes, mais en extérieur aussi, il n’est pas rare de rencontrer moultes conversations parallèles entre les personnes présentes, chacune renchérissant sur celle des voisins, et cherchant à outrepasser le bruit du tracteur du champs d’à côté et / ou les quelques enfants qui crient ou pleurent au milieu.
Je ne sais pas comment qui que ce soit parvient á entendre quoi que ce soit.
Le niveau sonore est encore splendidement augmenté lorsque le portable de l’un se met à sonner. Là, ca part en eau de boudin. Je crois que je n’ai encore jamais vu personne parler normalement (j’entends par là avec une voix posée) dans un téléphone. Tous se sentent obligés de crier, même en l’absence de bruit autour ou en présence d’un orateur ou musicien que tout le monde écoute..
Sigh.
• Puis, pendant qu’on est dans les cris, occupons-nous des interpellations.
Dans la maison, ou partout ailleurs, pour appeler quelqu’un, on ne se contente pas de crier son nom. ah non !
Dans la majorité des cas, la personne est désignée par son état, sa position : c’est donc des «didi (gde soeur), bhaiya (frere, valable pour a peu pres tout le monde), baba (gd pere), dadi (gd-mere), bua (tante), bhabi (belle-soeur) ; ou ‘eh larki’ (eh petite fille).. » qui fusent.
Il faut savoir que l’hindi est particulierement riche en termes pour désigner les membres de la famille. Il distingue la tante paternelle et maternelle, la belle-fille du premier et du deuxieme fils, l’oncle selon qu’il est le cadet ou l’ainé de la fratrie.. Chacun a droit a son mot ! et je suis loin de tous les connaître..
Quand quelqu’un a le ‘privilège’ de se faire heller par son prénom, c’est toujours précédé d’un grand « eeh » . Un exemple : Eeeeh Ranjanaa ! Dudh lao ! (=Chère Ranjana, aurais-tu l’amabilité d’apporter du lait s’il te plait ?)
Et puis, toujours pour faciliter mon apprentissage, l’hindi n’a rien trouvé de mieux que de possèder 3 ou 4 types de t et de d différents.. dont je ne percois pas la difference ! Embêtant, un peu oui..
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