jeudi 11 février 2010

Ruminants

J'ai ecrit ca hier soir a la lueur de ma bougie(..) et je ne prendrai pas la peine de vraiment verifier si ca a un sens, une logique ou un placard a balais. Je copie-colle, et la magie de la technologie fera le reste pour l'amener jusqu'a vos yeux..



Les Indiens sont des vaches.
Je le pense de plus en plus sérieusement avec le temps et l’expérience (croyez-en ma grande expérience, ah bah de mon temps la jeunesse c’était aut’chose ! ca voui.).

Une explication? Allez, d’accord.
On parle de la légendaire tolérance indienne. Je suis contre! Pas contre la tolérance, ca je suis pour! Pas contre la légendaire, ca je m’en contre tamponne! Pas contre l’indienne, ca c’est indécent! Mais contre la notion de “Indiens intrinsèquements tolérants”.

En fait, je crois que la formulation la plus exacte est ‘l’indifférence indienne’. Ca, pour fur!
Quand la tolérance suppose un mouvement positif, une ouverture à l’autre qui ne demande pas à le transformer mais à l’accepter tel qu’il est sans pour autant adhérer aux mêmes valeurs et visions des choses; l’indifférence, elle, toute en exclusion, permet à chacun de vivre sa vie sans être atteint par les individus ou par les événements qui se passent aux alentours. Faisant office de plumes de canards, l’indifférence est une protection très efficace contre les désagréables occurences : ces dernières ne nous atteignent pas. On s’en bat l’oeil. On s’en tourneguidouille, on n’en a rien à cirer. On ne s’en rend même pas compte.

Acceptation contre rejet, c’est pas le même état d’esprit.
Prenons un exemple typique, si cher aux Occidentaux pour s’apitoyer sur le sort des petits Indiens : le système des castes. Ce sympathique petit système repose sur un élément bien simple (et qu’on ne peut qualifier que d’intrinsèquement tolérant!): la classicafication des individus selon leur degré de pureté, qui justifie les privilèges des uns et la misère des autres.
Ca commence bien. Mais le plus drôle, dans l’affaire, c’est qu’une fois qu’on est catégorisé (c à dire avant même d’être né, selon le rang de notre famille et leurs antécédents), il est absolument impossible de sortir de cette classification. On a une étiquette collée sur le front, à vie, pour avoir eu le mérite d’être né dans tel ou tel contexte.
Bien sûr, le système des castes a été légalement aboli, bien sûr, il s’est assoupli et il est désormais possible d’accèder aux plus hautes fonctions même si on est né Dalit ou pire, femme; notamment grâce à la réservation d’un pourcentage de sièges ou de postes pour les plus défavorisés, certes certes Berthe! On peut même vaguement s’en sortir à la manière d’Ambedkar, un des rédacteurs de la Constitution indienne qui s’était converti au Bouddhisme pour échapper à sa condition d’Intouchable.
Mais le principe du système est qu’il existe 4 grandes catégories, des Brahmanes super-lettrés-super-pieux-et-super-purs aux basses castes qui, par définition, sont constituées d’impurs et d’incapables (même pas fichus d’être guerriers). La preuve, ils ne sont pas végétariens et tuent des animaux. (aah dégueu..il tue des êtres vivants alors je vais le faire souffrir de mon mépris toute sa vie, parce que moi, au moins, je suis un être moral).
Tous les autres, soit parce qu’ils sont vraiment trop inconcevablement sales pour rentrer dans la hiérarchie, soit parce qu’ils ne sont pas hindous, sont des hors-caste.

Au sein du groupe (d’une même caste), tant que l’on respecte les principes, les rituels et les attentes du groupe en question, on s’en sort plutôt bien. Là, on bénéficie d’un vaste réseau de soutiens et les membres de la caste pourraient même se donner la main pour faire une grande ronde autour de la terre.
Par contre, il est impossible d’intégrer un nouveau membre non VIP (c’est à dire non hindou de même caste depuis sa naissance) dans notre caste tout comme il est impossible d’être accepté dans un groupe supérieur. Même celui qui passe sa vie en Inde et adopte complètement les coutumes locales ne sera jamais percu –par les conservateurs- comme un Indien à part entière, et encore moins comme un hindou s’il n’est né de parents hindous. Même Sonia Gandhi a renoncé au poste de première ministrette pour éviter les foudres du parti nationaliste qui lui reprochait ses origines italiennes..
En noutre, s’il n’est pas facile de se faire accepter par une caste supérieure, avec quelle facilité peut-on se faire renvoyer aux tréfonds de la société par une exclusion de la caste! Elle aura été justifiée par une atteinte aux moeurs et à la vertu, ou quelque chose d’au moins aussi grave. Par exemple, Gandhi! Tout le monde sait bien qu’il était parfaitement immoral, et que sa décision d’aller apprendre le Droit en Angleterre était comme un aveu de son penchant pour la viande, l’alcool et la débauche – oui, c’est ca l’Occident! D’accord, c’était au 19ème siècle… mais quand même!

Tout ca pour dire que je pense que l’indifférence ici prévaut sur la tolérance. Et comment faire autrement quand on subit tous les jours des agressions sonores, physiques, morales, psychologiques?
On passe outre. Mieux vaut ne pas se sentir importuné, c’est encore la meilleure facon d’éviter un ulcère.

Je reste coite devant cette capacite d'absorption, de parapluie, de resistance passive face aux agressions -agressions pas constantes mais si regulieres!

Et l’autre? L’autre ui ? On s’y intéresse s’il fait partie de la famille, s’il a quelque chose de nouveau à proposer, s’il peut nous apporter quelque chose, s’il nous surprend, s’il attire notre attention. En dehors de ca, on lui oppose notre souveraine ignorance, on ne s’en occupe pas.
Trop de monde de toutes facons. Il faut bien s’en sortir soi-même: pas question de s’arrêter pour laisser passer un piéton ou d’attendre que tout le monde soit descendu pour rentrer dans le bus, moi d’abord et sauve qui peut.
[Parmi autant de concitoyens, le plus important c’est de sauver ses propres meubles. Aider les autres, pourquoi pas, mais pas si ca nuit à mes opportunités. Or, quand il y a 10 personnes comme moi qui attendent un bus dans lequel il n’y a que 3 places de libres, que faire? je fonce.]

Bon, en fait je me suis perdue dans le raisonnement et je dérive sur les pentes des différences comportementales induites par la culture. Et c’est un peu hors-propos, ui, évidemment on ne va pas demander à un Indien d’Inde (et non pas un cochon d’Inde pffrrfrft) de respecter les codes de conduite ‘occidentaux’, la gentlemanie anglaise ou la ‘politesse francaise’. “-Après vous! –Oh, non, je n’en ferai rien, allez-y –Mais je vous en prie –C’est trop paimable…” et blabla et blabla, ca, c’est sur, on ne le verra pas ici! Mais.. quand on y pense.. Marseille et sa circulation paisible et respectueuse, Paris et son métro calme et chaleureux.. bon.. ca n’a plus beaucoup de sens tout ca.

Mais puisque j’y suis, j’en rajoute une couche dans la politesse et le comportemental.
Quelques petits exemples concernant les différences de perceptions de la bienséance:
Roter
Manger avec les doigts
Mâcher la bouche ouverte
Traîner des pieds
Hurler au téléphone en empêchant toute conversation d’avoir lieu à 20 mètres à la ronde, y compris pendant les réunions
Cracher par terre (rouge si c’est du paan)
Râcler sa chaise par terre
Tousser et se râcler la gorge du plus profond de nos entrailles
..
Et j’en passe
Ne font pas partie des atteintes à la bienséance. Ce sont mêmes des actes d’une banalité effarante.
En tout cas, si ca gêne quelqu’un, personne ne s’aventure à le faire remarquer.

Il aurait fallu que je tienne le compte du nombre d’hommes que je vois pisser sur le bord de la route par jour. Je suis sûre que le résultat aurait été assez épatant! Je pense que j’en suis à une moyenne de 5 par jour, mais ca peut aussi être beaucoup plus.. Parfois seulement 2 ou 3, mais ca c’est si je sors peu. Ils font partie du décor eux aussi..



Diantre, n’oublions pas la conclusion du raisonnement: les Indiens sont des vaches!
Quoi qu’il se passe, quoi qu’on leur dise, quoi qui leur fonce dessus en klaxonnant alors qu’ils traversent paisiblement la route, ils ne s’alarmeront pas, ils ne s’énerveront pas. Comme si de rien n’était, ils vont continuer leur affaire, tout comme les vaches qui peuplent les routes et leurs abords, à traverser de leur démarche lente et inoffensive, ou à ruminer en songeant.
C’est ce qui m’impressionne leur plus chez les vaches: leur capacité à rester impassibles en toutes circonstances.
Sereines.

1 commentaire:

  1. Je cite un lecteur depite de ne pouvoir laisser en personne des commentaires -que du coup c'est moi qui m'y colle- :

    "Il ya des verites sous tes exemples (et meme au dessus, mais la, ca devient effectivement indecent) et des plumes de canards un peu partout.

    ce qui est marrant c'est qu'ici, a Derry, l'on vient de passer une batterie de tests (repos) sur le feeling avec d'autres communautes. genres, quelle est votre communaute: "european and incidentally french"
    comment vous sentez vous en presence de catholiques, pakistanais, africians et polonais.. (mal, toujours et meme plus)

    au fond on s'en bat un peu le staeck comme dirait l'ami ronald, du moment que tout file sur des rails bien paralleles. just keep parallel..

    secunda drass
    (le seul indien qui n'est pas une vache, cf. stevenson)"

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